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Les choses qui me font vibrer

Publié par Waking-Life le 22.12.2010

Bonjour,

Ça fait une petite éternité que je n’ai pas écrit sur ce blog. Ma DP/DR ne va pas mieux, elle stagne à un niveau minimum mais apparemment non résorbable (barbarisme assumé). Je ressens toujours peu de choses, ou bien par “pics” : Des moments de retour à la surface, avec de vivres émotions.

Je n’arrive pas vraiment à identifier les circonstances qui amènent à ces moments de reconnexion: Mais je sais que certains stimuli (musique surtout) peuvent les provoquer.

Je voudrais partager avec vous deux liens “vidéos” qui m’ont récemment fait pleurer. C’est à dire deux œuvres suffisamment puissantes en émotion (ou qui touchent le bon endroit) pour percer ma carapace. Et ce n’est pas rien.

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[Dessin] La mouche

Publié par Waking-Life le 29.10.2008

Petit dessin du soir, inspiré par un message de pommeleau sur le forum

Des fois, je me dis que je suis comme une mouche qui se cogne inlassablement au carreau, alors que la fenêtre d’à côté est grande ouverte sur l’infini.

Que faire ? Entre omnipotence et procrastination

Publié par Waking-Life le 12.08.2008

Je m’emmerde. Tout le temps je m’emmerde. Partout je m’emmerde. Dès que je fais quelque chose ça m’emmerde. Davantage que quand je ne fais rien d’ailleurs. C’est vraiment pathologique. J’ai tellement de mal à m’incarner dans l’action, à “être à ce que je fais” comme on dit.

Ce qui m’emmerde tant dans l’action c’est qu’elle est limitante. Quand je fais ça, ici et maintenant, je ne fais pas autre chose, ailleurs. Et tous les possibles que j’abandonne me réclament. Quand je suis au boulot, je voudrais faire de la guitare chez moi; quand je joue de la guitare, je voudrais dessiner; quand je dessine, je voudrais voyager; quand je voyage, je voudrais lire. Le temps joue contre nous.

Il y a tant à faire, c’est effrayant.

Entre les obligations du quotidien, la culture, les loisirs, les amis, le travail. Apprendre le piano ou une langue étrangère ? Écrire à ma grand mère ou lire un bouquin ? Écouter ce musicien que je délaisse ou dessiner ? Il y a tant de livres, tant de musique, tant de cultures, tant de films, tant de villes et tant de personnes, tant de passions pour passer son temps, pour perdre une vie. Comment choisir, comment abandonner le reste ?

Alors je ne fais rien du tout. Ou bien je picore. Je commence-ci, j’arrête ça. Je touche à tout sans rien faire à fond. Et puis, surtout, je rumine. Je rumine des projets que je ne réaliserais jamais. Je me nourris de ça. J’imagine, je conçois, je rêve. Mon esprit est un attracteur plus fort que ce que la réalité peut m’apporter. Surtout depuis que tous mes sens sont émoussés. Je prends si peu de plaisir. La réalisation d’un rêve est toujours décevante. La réalité est moins forte, moins belle. Elle est frustrante, faite de concessions et de choix. Pourquoi, dans ces conditions, devoir passer à l’acte, pourquoi ne pas s’abstenir, ne rien faire et rêver ? C’est tellement tentant.

Et puis, comme si ça ne suffisait pas, en plus de cela, il y a ce double maudit qui m’accompagne partout. Cette auto analyse permanente qui met en abime tous mes actes et toutes mes pensées, avec en tâche de fond, comme un voyant de contrôle obsédant, la question lancinante du “POURQUOI”. Trouver un sens à tout. Cette lucidité qui me murmure comme un mauvais démon qu’aucun de nos acte n’est nécessaire. On s’invente des obligations, une importance, une place artificielle dans un monde qui n’a pas besoin de nous.On se choisit arbitrairement une passion et on se convainc qu’on adore ça, pour mieux perdre son temps. Mais tout est profondément futile. Tout pourrait aussi bien ne pas être : C’est le vertige de la contingence de toute chose. L’inutilité profonde de toute cette agitation. Avec aussi, ce sentiment cousin de l’orgueil qui accompagne chaque divertissement; celui de n’être pas dupe, de faire semblant et de jouer un rôle.

Quand on va bien, d’autant que je me souvienne, le désir et l’envie jouent ce rôle de moteur. On se laisse tirer par ces élans vitaux et le reste vient avec. Les questions s’envolent.

Mais en ce moment bordel! Cette dépression! Tout est si pénible! Le moteur est cassé. Je suis à coté de la voiture et je pousse. Tout se fait dans la douleur. J’ai aussi un nœud d’angoisse au milieu du bide. C’est l’angoisse du temps qui passe, de la vie qui passe. C’est une tension énorme qui ne me quitte pas, une sorte d’impatience originelle et de faim de vivre qui ne peuvent plus s’incarner en envies et en désirs, et qui enflent, qui enflent.

[film] Numb

Publié par Waking-Life le 24.04.2008

Numb Merci à Katherine de nous faire découvrir ce film sur le forum.

Numb est une comédie dramatique qui parle d’un type (Matthew Perry en l’occurrence, alias Chandler dans Friends) atteint du syndrome de dépersonnalisation, qui tente tous les traitements et les thérapeutes pour s’en sortir. Il fait la rencontre d’une fille dont il tombe amoureux et qui souhaite l’aider.

Je trouve Matthew Perry assez convainquant dans ce rôle. Le film aborde bien la dépersonnalisation sans tomber dans le pathos. Le sujet est abordé avec humour et recul. Alors bon bien sûr, il y’a l’histoire d’amour à l’américaine, genre “Coup de foudre à Manhattan” assez peu crédible et qui dégouline de clichés mièvres. Mais bon, il faut au moins ça pour qu’un film sur un trouble psychologique et la dépression reste bankable.

Le film est visible ici : http://www.watch-movies.net/movies/numb/ En VO non-sous titré. Pour les moins anglophones d’entre nous (mais un peu quand même), le film est aussi dispo sur le réseau BitTorrent. Le fichier .torrent est accessible sur un serveur privé mais gratuit (avec un design qui pique les yeux) : http://www.seedmore.org/. Et les sous titres en anglais sont dispo sur DivxSubTitles.

[livre] Bonne nuit, doux prince

Publié par Waking-Life le 05.04.2008

Couverture
Je viens de terminer ce livre de Pierre Charras.

Ce bouquin est beau à pleurer (j’ai d’ailleurs pleuré plus d’une fois). Ça parle de paternité, de résignation, de non-dit et d’admiration. C’est La Gloire de mon Père pour un papa normal, angoissé et secret. L’hommage d’un homme à son défunt père.

Le style est admirable, simple et chantant. Pierre Charras, c’est un peu comme un musicien virtuose : Il maitrise parfaitement la technique de son instrument et la met au service de l’émotion. Il le fait avec tant d’aisance que ça parait presque simple, à la portée de tout le monde.

Quelques morceaux choisis :

Et j’aimerais tant que ma raison à moi aussi s’envole, mais j’ai si froid. Rien ne m’échappe. Je comprends tout. Je suis condamné à tout regarder, comme si on m’avait arraché les paupières.


Les gens ont toujours loué mon sang-froid alors que je hurlais d’effroi en silence.


J’ai vu, plusieurs fois, dans les films, les fantassins anglais avancer au-devant des tambours et des cornemuses. C’est une marche têtue. Inconsciente. Le premier rang est fauché presque aussitôt. Le deuxième devient le premier sans même avoir marqué le pas, puis c’est le tour du troisième. Nos parents nous protègent de la mitraillette. Me voilà désormais à découvert.

Magnifique.