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Blog Forum

L'homme pinceau

J’ai parfois l’impression que mes idées ne m’appartiennent pas réellement, qu’elles existent indépendament de moi et qu’elles ont pris forme dans mon esprit par un heureux concours de circonstances, comme elles auraient pu le faire chez mon voisin, indépendament de toute volonté.

Dans l’histoire des sciences ou de l’art, on peut trouver de nombreux exemples de grandes idées qui ont germées simultanément dans l’esprit de plusieurs individus, et ce sans qu’ils n’aient eu à communiquer. C’est à croire que ces idées existent à priori, quelque part, et qu’elles attendent que les consciences soient assez mures pour s’y incarner.

On peut aussi l’expliquer ainsi : Si on considère à un instant donné l’ensemble des connaissances, des opinions et des pensées de l’humanité, on peut définir une sorte de conscience globale, somme de toutes les pensées individuelles. Avec la généralisation des moyens de communication et de diffusion rapide de l’information (dans laquelle l’apparition des blogs constitue, à mon sens, une évolution majeure), les idées circulent à une allure telle que les consciences individuelles tendent à rentrer en phase. Elles perdent ainsi peu à peu de leur identité (corpusculaire) pour se fondre dans la grande vague (ondulatoire) de la conscience globale. Les mêmes idées émergent au même instant dans les esprits des individus ayant des profils culturels similaires, vibrant au même rythme.

Au niveau de l’individu, cette globalisation se traduit par le sentiment d’être davantage un vecteur d’information que le véritable acteur de ses propres pensées. Cette mutation est accentuée par plusieurs dérives :

La plupart des médias (presse, musique, télé, cinéma, internet, …) font de nous des consommateurs exclusifs d’intelligence, avides de toujours plus d’information. La masse de ces données et la vitesse à laquelle elles nous sont fournies ne nous permettent pas de nous les apprioprier ni de les traiter correctement. Notre rôle se cantonne alors à être des relais de ces informations, de simples d’aggrégateurs passifs d’idées et d’opinions. Toute créativité personnelle devient alors superflue, Le sytème nous fournissant en permanence le meilleur de l’art et l’essentiel des analyses, traduisant nos émotions et le ressenti par rapport à notre environnement mieux qu’on ne pourrait l’exprimer nous même. Les livres se substituent à nos mots, les chansons à nos cris. On ne percoit plus le monde que par procuration, à travers la vision de nos écrivains et artistes préférés. Avoir un avis crédible sur un sujet se résume désormais à avoir lu suffisament d’articles et absorbé suffisament de reportages sur celui ci, et d’être capable d’en resortir une compilation “personalisée”. Notre identité n’est plus alors qu’un patchwork d’idées empruntées à d’autres.

Flux d'information
Dans le milieu professionnel aussi, l’essentiel du travail d’un cadre moderne se résume à ingurgiter, à traiter et à enrichir (éventuellement) un flux d’information. Le cadre de cet exercice est souvent formatté et prédéfini (par un cahier des charges, une prodédure ISO-Mes-couillles ou la lubie d’un supérieur) et laisse peu de place à une quelconque créativité ou à l’expression d’une identité. L’employé est cantoné à son domaine d’expertise et utilisé comme un réservoir à connaissance, simple dépositaire de sa spécialité.

Enfin, plus nous avançons dans l’histoire de l’humanité, plus l’héritage culturel est lourd. A la fin de ses études, les connaissances d’un jeune adulte sont davantage héritées de siècles de culture que issues de sa propre expérience. Il peut tout connaitre de l’économie, des coutumes et de la population d’un pays sans n’y avoir jamais mis les pieds. Il prolonge ainsi la mémoire globale de l’humanité. Tout se passe comme s’il naissait avec cette mémoire implantée dans la conscience. C’est d’autant plus opressant que nous arrivons à un point où tout semble avoir été fait et exploré.

Alors qu’il restait encore à nos ailleux des pans d’inconnue et de mystère, l’avancée de la science semble ajourd’hui avoir tout rationnalisé et expliqué, poussant la spiritualité dans ses derniers retranchements. Les phénomènes occultes où l’on voyait autrefois la main de dieu ou l’oeuvre du destin, sont désormais décortiqués expliqués, et démystifiés. Les angoisses existentielles, qui trouvaient autrefois refuge dans les nombreuses croyances (fantomes, esprits, sorts, …) sont aujourd’hui concentrées, compressées en un unique et dense “pourquoi”, là ou la science emplit le champ de pensée de ses “comment”. Cette conscience aiguisée du fonctionnement de l’univers et de son étendue est perverse. On dispose désormais d’une visibilité presque totale sur notre environement spacio temporel : De l’infiniment petit à l’infiniment grand, de l’origine de l’univers jusqu’à notre mort : Il est possible de tout embrasser d’une seule pensée. Le pourquoi et le comment de toute existence, les recoins les plus reculés de la planète : Tout est déja exploré et expliqué. Pourquoi alors réaliser son existence puisqu’elle est déjà envisageable, prévisible et même pratiquement écrite. Notre époque manque cruellement d’inconnue. Dans les arts, la musique et les sciences, les grands chemins ont déjà tous été tracés : Leur évolution se nourrit plus à présent de répétitions et d’acharnements que de réelles nouveautés.

En pratique, quand j’ai une idée (de dessin, de soft, …) Il suffit que je la googlelise un chouilla pour tomber sur le site d’un artiste ou d’un geek, qui l’a déjà réalisé avant moi. C’est assez décourageant. Par la suite, si j’ai une idée, même originale, je me dis que quelqu’un d’autre aurait pu l’avoir à ma place. Et que si je ne le fait pas, elle germera dans un autre esprit, puisque que la consience globale y est prète, elle le désire déjà. Alors à quoi bon …

Bon je sais ce que vous allez me dire : T’en as parlé à ton psy ? Oui, j’en ai parlé à mon psy. Il hoché la tête et a laché un “Hum-hum”. je crois que c’est bon signe.

2 commentaires pour “La conscience globale”

“Cette conscience aiguisée du fonctionnement de l’univers et de son étendue est…”
… Un fantasme !

“On dispose désormais d’une visibilité presque totale sur notre environement spacio temporel : De l’infiniment petit à l’infiniment grand, de l’origine de l’univers jusqu’à notre mort”
C’est faux. Tout dans notre société est fait pour alimenter cette croyance (jusqu’aux savants en blouse blanche des publicités) pourtant elle est fausse.
Les “vrais” scientifiques, pas ceux qui se cachent derrière un pseudo-scientisme tout puissant, sont humbles face à leur champs d’investigation, élaborent des théories, des hypothèses qu’ils confrontent les unes aux autres. Aucun scientifique ne peut aujourd’hui affirmer par exemple qu’il peut expliquer ni même décrire l’origine de l’univers. Ils hésitent même sur la définition de celui-ci :)
Le mythe du “savant qui sait tout” est bien ce qu’il est : un mythe.

“Il est possible de tout embrasser d’une seule pensée. Le pourquoi et le comment de toute existence, les recoins les plus reculés de la planète : Tout est déja exploré et expliqué.”
Certains aimeraient, nous en sommes pourtant bien loin, très très loin… et pour longtemps encore !

“Pourquoi alors réaliser son existence puisqu’elle est déjà envisageable, prévisible et même pratiquement écrite. Notre époque manque cruellement d’inconnue. Dans les arts, la musique et les sciences, les grands chemins ont déjà tous été tracés : Leur évolution se nourrit plus à présent de répétitions et d’acharnements que de réelles nouveautés.”
En ce qui concerne la musique, j’ai bien peur que cela soit effectivement vrai :D
Pour le reste…

“En pratique, quand j’ai une idée (de dessin, de soft, …) Il suffit que je la googlelise un chouilla pour tomber sur le site d’un artiste ou d’un geek, qui l’a déjà réalisé avant moi. C’est assez décourageant. Par la suite, si j’ai une idée, même originale, je me dis que quelqu’un d’autre aurait pu l’avoir à ma place. Et que si je ne le fait pas, elle germera dans un autre esprit, puisque que la consience globale y est prète, elle le désire déjà. Alors à quoi bon …”
Cela s’appelle de la généralisation. Le fait de trouver 9 fois sur 10 la chose que l’on cherche ne signifie pas que la 10ème fois ne sera pas votre tour d’apporter votre originalité : ce blog en est la preuve ;)

Ceci dit, cet article est très intéressant…

Si c’était vrai, les psy et autres manipulateurs de conscience sauraient bien quoi dire pour changer nos idées, nous démontrer ce qu’ils veulent. (Combien de guérisons chez les psy ?) Ou bien nous nous comprendrions très bien les uns les autres.

Mais, comme vous le savez, si “l’input” est à peu près le même pour tous, si nos fantasmes se ressemblent terriblement comme le dit Luc Ferry, il n’en reste pas moins que ce qui se passe dans chaque boîte noire est différent. Comme si nous faisions chacun une cuisine différente avec les ingrédients collectifs.
Je crois que c’est encore pire que cela : ce n’est pas de l’ordre d’un savoir. Ca ne se pense pas, c’est en amont.
Et comme dit Adyashanti : vous ne pouvez pas gagner la guerre contre votre mental, la pensée ne peut rien contre la pensée.

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