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Archives pour November 2005

Deux gouttes

Publié par Waking-Life le 24.11.2005

Pensées fraiches,

Trop neuves pour déja m’appartenir.
Trop brèves pour espérer saisir.

Je m’en étonne encore.

Traitres de mots, vous avez tout effacé.
Flot léger, frétillant des consciences.
Au confluent de ces deux là, l’ébauche d’un être.

L’individu persiste.

J’ai progressé. A contre courant, surement .
J’en ai capturé des fragments. Des petits béants.

La source m’échappe encore.
Demain pourtant, elle sera là.

La déréalisation

Publié par Waking-Life le 23.11.2005

Miroir Depuis plus de deux ans, je suis sujet à un trouble de dépersonnalisation / déréalisation chronique, 24/7. Il s’est installé en réponse à une forme de phobie sociale et ne me quitte plus. J’ai souvent dû expliquer la dépersonnalisation / déréalisation à des psys ou à des proches. Ces deux troubles sont très liés.

Commençons par la déréalisation :

La déréalisation est une modification majeure du ressenti d’une personne, qui se traduit par une impression d’étrangeté par rapport au monde. On le décrit souvent comme avoir l’impression que tout est irréel, comme dans un rève. Voici les comparaisons qu’on utilise le plus souvent pour décrire cet état :

  • Etre spectateur de sa vie
  • Avoir un voile devant les yeux
  • Flotter à coté de soi, être en dehors de son corps
  • Tout est distant, comme lorsqu’on est saoul
  • Impression d’irréalité, comme dans un rêve

Pour moi, c’est avant tout la perte partielle de tous les affects, les émotions. On ne ressent plus le monde de manière directe et intuitive, mais à travers un voile. Toute la vie psychique se déplace massivement d’une expérience essentiellement sensorielle, vers un vécu massivement cognitif.

Quand je regarde un coucher de soleil, je sais que le monde est beau, mais je ne le ressens plus comme tel. C’est comme si j’étais détaché de la réalité, qu’elle ne me concernait pas.

Etre déréalisé, c’est expérimenter un doute méthaphysique de manière concrète. Le monde réel perd à nos yeux sa cohérence intrinsèque, plus rien ne parrait naturel et comme allant de soi. C’est comme si la conscience s’était détachée des axiomes de la réalité et tentait de divaguer, de surfer sur l’infinité des possibles : Une démarche intellectuelle permanente est nécessaire pour tenter de s’ancrer dans la réalité, pour se convaincre que le monde existe et qu’il est la seule alternative.

En pratique, au quotidien, les choses les plus banales me parraissent bizarres, surréalistes. “Pourquoi tout ça existe t’il”, “Pourquoi marche t’on”, “Pourquoi ai-je deux bras, deux jambes”, “Pourquoi existe t’on”, “Pourquoi suis je moi plutôt qu’un autre”, ….

D’ordinaire, l’expérience de la réalité se fonde sur des acquis innébranlables, les axiomes de la réalité : les choses qui sont et ne sont pas autrement. La déréalisation est comme un refus en bloc de la légitimité même de la réalité. L’esprit tente obsessionellement de creuser plus profond que ses acquis, il remet tout en question en parmanence . La question centrale de tout ce processus est : “Pourquoi les choses sont elles comme ça et pas autrement”.

A force de décortiquer les atomes de réalité, il en résulte une vision froide, mécanique et désabusée du monde. Les choses et les êtres m’apparaissent nus, tel qu’ils sont, comme un paquet d’atomes dénués de sens et d’essence.

Le monde vu de manière matérialiste et déterministe est profondément absurde et sec. Seule les sensations et les sentiments le colorent et lui donne un sens. Les affects sont la glue du ressenti de la réalité. D’ordinaire, la conscience y puise une impression de cohérence. ce sont les bases sur lesquelles la vie psychique (cognitive) se développe. Privé de ces bases, mon esprit focntionne sur le souvenir de cette cohérence et rafistole en permanence ces piliers en les comblant artificiellement par des constructions intellectuelles.

En clair, je suis en permanence en train de tenter comprendre le pourquoi du comment. Ces ruminations obsessionelles sont une tentative désespérée de reconstruire artificiellement la cohérence perdue.

La vie est comme une sorte de tour de magie. Il faut prendre les sensations comme elles viennent. Si on tente de comprendre le truc, de tout décortiquer, la magie est perdue. Ici, le truc, c’est qu’il n’y a pas de truc. J’ai l’impression d’avoir fait le tour de la réalité, que les choses sont finalement simplement comme elles sont. Il n’y aurait rien de plus profond, pas de fluide de sens ni d’âme.

Ma plus grande crainte, ça serait d’avoir découvert la réalité profonde du monde. Comme si j’avais gagné en lucidité et que le monde était définitivement rien de plus qu’un amas d’atomes régi par des règles de physique, dans lequel des êtres conscients seraient apparus, balottés par une réalité aveugle et dramatiquement déterministe. Ils auraient ensuite développé d’une impression de libre arbitre illusoire. Les sentiments, l’amour, la foi, le bien le mal, la liberté ne seraient que des constructions nécessaires de la pensée, qui donneraient un sens tout relatif aux choses, pour rendre le monde plus supportable et conditionner les êtres à oeuvrer dans le sens de la reproduction de leur espèce.

Au fond, je me tape de ce qui est vrai ou pas. Je veux oublier à tout jamais avoir ressenti les choses de cette façon, en espérant que ça puisse s’oublier. Je veux retrouver mes sentiments et mon intuition.

Je choisis la pilule bleue.


Quelques liens :

  • Waking Life : Film d’animation. Une longue réflexion philosophique à travers un rève éveillé.
  • Tarnation : Un film - journal intime unique. La vie d’un jeune homme et de sa mère psychotique. Lui souffre de déréalisation.
  • Garden State : Etat végétatif. Un trenteniare désabusé redécouvre la vie.
  • La nausée de Jean-Paul Startre. L’auteur y décrit à plusieurs reprises des symptomes de déréalisation.

Citation

Publié par Waking-Life le 15.11.2005

Un psychotique est persuadé que 2 et 2 font 5, ça lui convient mieux.
Un névrosé sait pertinemment que 2 et 2 ne feront jamais 5, et ça le rend malade.
[Pierre Desproges]

2 + 2 = 5 ? Ouais … C’est tentant