Voilà 3 ans et demi que je suis entré dans la vie «active». Ça ressemble exactement à ce que j’imaginais : Une vie passive.
Le travail salarié est une véritable plaie. Un esclavage de l’homme par lui même. Enfermé dans un bureau 7h par jour. Faire la même chose ou presque toute la semaine. L’ambiance guindée, les collègues dépressifs qui donnent le change; les sourires crispés:
- Ça va ? “Comme un Lundi”
- Ça va ? “Ben ouais, je suis bientôt en vacances”.
C’est pathétique.
C’est pas humain de faire tout le temps la même chose. On est des primates après tout : Les primates se lassent très vite de tout, c’est bien connu.
J’ai dans l’idée que mes loisirs préférés deviendraient vite des calvaires si on m’obligeait à les pratiquer tous les jours. Ça coule de source. Et pourtant, tous les matins, la masse salariale se presse du même pas pour aller faire la pute au boulot qu’il déteste : Vendre son temps pour de l’argent.
Mon taf me dessèche. Rien de ce que je fais ne m’appartient : Le fruit de mon travail est phagocyté par l’entreprise. Je ne me sens pas concerné, pas personnellement impliqué. Les responsabilités sont faites pour être diluées. Il en résulte que tout le monde se fout de tout. Sauf les petits chefs : Ils font semblant de se sentir personnellement impliqués. On leur donne des objectifs chiffrés : La carotte et le bâton. Forcément ça motive.
Mais au fond ils s’en foutent aussi, comme nous. Le seul fil qui nous lie à cette prison, c’est le chèque de fin de mois, celui qui nous permet de bouffer et d’avoir ainsi le privilège de continuer à se faire chier.
Demain, la boite pourrait couler que tout le monde s’en foutrait (personnellement je veux dire). Étrange entité que cette entreprise : Constituée des employés qu’elle réduit en esclavage. Elle n’a pas d’existence propre, mais tout le monde la déteste.

Chaque entreprise est un modèle réduit du ‘Système’. Le Système est ainsi fait qu’il favorise la dilution : Plus personne n’a vraiment la possibilité d’entrevoir le tout, de maitriser son ouvrage. Cadres ou ouvriers, nous sommes tous des maillons dans la grosse chaine de production, employés à visser notre boulon. Des hyper spécialistes de nos taches insignifiantes. Peut-on se se satisfaire d’être une brique dans le mur ? Une brique indispensable dans un mur trop grand pour être appréhendé.
Tout ça est destructeur pour l’identité. Je voudrais pouvoir m’identifier à mon travail. L’aire des services nous désincarne. Il nous faudrait plus de concret. Un retour à la terre, au manuel. Pouvoir dire : “Cet objet, c’est mon travail, une part de moi”
Je hais mon travail. Je hais le travail. Ces semaines qui passent comme des secondes. Ce temps formaté : les 5 jours de souffrance et les 2 jours de détente obligatoires. Ces WE de divertissement forcés, frénétiques , vains : Simple parenthèses dans le fil de l’ennui.
Il m’est arrivé une ou deux fois de me faire porter malade un vendredi : Comme ça, pour voir. Quelle impression de liberté ! Pouvoir jouir ainsi d’une journée simple, sans l’avoir “posée” (je déteste ce terme) deux semaines à l’avance. Pouvoir improviser sa journée au pied levé : Aujourd’hui j’ai pas envie de bosser, je reste au lit . Le droit de disposer de son temps. Faire la grasse matinée. Aller flaner dans les magasins sans avoir à supporter la foule des moutons du samedi. Manger quand on a faim. Pas à 12h10. Aller régler ses petites affaires, sans avoir à prévoir un jour de congé à l’avance …
Et vous, vous aimez votre taf ?
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Quel superbe texte… Ce que vous dites dans ça, tout le monde le ressens. C’est vrai que, meme étant étudiant, j’ai l’impression de n’etre rien de différent qu’un mouton, entrainé à suivre d’autres moutons pour suivre des cours assis sur une chaise… Sans aucune pitié, les professeurs récite ce qu’ils ont déjà appris, et récite… Les questions ne sont pas acceptées, d’ailleur, la parole n’est pas de mise. On ne doit pas parler, mais écouter. Voilà la jolie façon d’apprendre à devenir le parfait larbin de ce systeme.
Des fois je me demande si la mort ne serait pas mieu que de rester là, à vivre dans la monotonie, les bouchons du matin, les retards, les bouchons du soirs, dormir, se réveillé et refaire le même chemin chaque jour. D’ailleur, tout les jours se ressemblent. Ils sont tous identique. N’ont plus de saveur.
Un jour, on trouve quelque chose qui a de l’interet, peut-etre l’amour ou une véritable amitié, mais cette “chose”, nous lasse, devient monotone, et nous passons a refaire sans arret les choses que nous faisions avant…
«Notre vie est notre grande dépression.» Je pense que cette phrase, tirée de “Fight Club”, serait parfaitement attribué à ce sentiment que chaque personnes ressent le matin quand il se lève, et tout les soirs quand il se couche.
Si j’ai un rêve, sa serait de partir loin, et si la déréalisation pouvait vraiment transformer ma vie en rêve, je me ferais un plaisir à rentrer dedans… Car, au final, notre vie se compare plus a un cauchemard qu’a un petit rêve tranquille…
Ecrit par Asmo-d le 1 July 2007