Je suis malheureux.
C’est un choix, une posture.
Une simple question d’orgueil.
Par cette attitude, je signifie au monde mon désaccord.
L’existence est intolérable, je veux qu’elle le sache.
Je boude.
Évidement, je pourrais faire comme tout le monde : faire semblant, donner le change, prendre les choses à la légère et être heureux.
Non, je refuse.
La vie ne mérite pas mon bonheur.
Je ne lui montrerais pas la moindre marque de gratitude.
Question d’intégrité.
Dites donc la bas, au fond : Vous croyez que je ne vous ai pas vu ?
Avec votre sourire béat. Vous faites donc partie de la masse ?
Vous aussi vous participez à l’agitation ambiante ?
Vous cautionnez tout ça ?
N’avez vous donc aucune dignité ?
Non n’insistez pas, je reste de mon coté.
Vous ne pouvez pas comprendre.
Vous êtes tous tellement normaux.
Laissez moi, sombres cons.
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Hello.
Alors comme cela, tu es malheureux par choix ? T’es marrant.
Tu ne m’en veux pas de te tutoyer, n’est-ce pas ?
Non, tu ne m’en voudras pas…
Pourtant je fais partie de ce monde à qui tu signifies ton désaccord.
Alors tu m’en veux déjà un peu quand même, quoi qu’il advienne…
Tu veux que l’existence sache qu’elle est intolérable ? Crois-tu que l’existence lise ton post ?
Tu dis que tout le monde fait semblant.
Et toi qui as conçu ce blog en prenant soin de protéger ton identité. Dans quel but ? Quand tu es en groupe, as-tu le même discours ou… fais-tu semblant ? Ton entourage te voit-il comme un être malheureux ou ne se doute-t-il pas de ton état ?
La vie ne mérite pas ton bonheur ? Tu ne lui montreras pas le moindre marque de gratitude ? Crois-tu que personnifier la vie va donner un sens à la phrase ? La seule chose concrète à faire, n’est-ce pas de se suicider ? Là au moins, on signifie concrètement son désaccord au monde. Et peut être même qu’avec de la chance, tu passeras aux infos de 20h.
Et si la solution à soi était SOI ? Celui qui se suicide, n’est-il pas celui qui se rapproche le plus de la solution ? Il attaque le problème en se tournant vers lui. Sauf qu’il (se) saborde.
Mais moi, si tu disparais, si l’humain disparaît, que deviens-je ? Car sans vous, ma vie n’a pas lieu d’être. Donc en existant, ta vie a déjà un sens que toi et beaucoup ignorent. Mais moi j’ai conscience de ton existence car elle permet à la mienne d’avoir un sens aussi indirecte soit-il.
En fin de compte, la seule chose qui vaille la peine de penser, d’agir, sur cette planète, n’est-ce pas l’humain?
Quoi d’autre ? Les animaux ? La nature ? Mais n’est pas parce qu’ils sont nécessaires à la survie de l’humain qu’il faut les protéger et non pour eux-mêmes ? Après tout, qu’en avons-nous à foute que la nature perdure si la race humaine disparaît ? Si TU disparais ? Pour qui ? Pour quoi ?
S’il y a un sens à donner au bonheur (sans pour autant en donner un à la vie), cela en est, peut être, une prémisse.
Non, ceci n’est pas un appel à l’amour. C’est une remarque.
Qu’y a-t-il d’autre, à par l’humain, qui vaille la peine qu’on se lève le matin ?
Avant, lorsque l’homme avait peur du savoir, il utilisait un mot magique : “HERESIE”.
Devant un phénomène inconnu, il supprimait le phénomène pour ne pas avoir à le résoudre, lui évitant, ainsi, d’affronter ses peurs et ses convictions toutes acquises.
Tu as raison, la condition humaine est insupportable. Mais à l’époque, croire que la terre était ronde ou que la femme ou les noirs serraient l’égal de l’homme blanc étaient insupportables aussi, des hérésies qui ne se réaliseraient jamais.
En réalité, on se déteste parce qu’on n’arrive pas à être heureux, on ne comprend pas pourquoi et surtout, on sait qu’au fond c’est de NOTRE faute. Enfin bref, la frustration à son apogée. Face à cette impuissance, il nous reste plus qu’une chose : le dire, et le dire encore, nous enfoncant dans ce marécage boueux. Mais la seule hérésie, la seule absurdité qui persiste en nous et pour chacun de nous, c’est NOUS. Le reste, on s’en branle en fin de compte. Pourquoi un chat miaule, pourquoi les feuilles sont vertes ? Ces questions ne nécessitent pas de réponses pour permettre mon bonheur. Non, rien à l’extérieur n’a d’incidence sur notre bonheur. Tout se passe à l’intérieur de nous et ce TOUT nous est totalement inconnu.
Une chose nous échappe : un jour on saura le sens de la vie. Que ce soit par le néant, par un dieu, par un @#!$%^&*
En attendant, j’ignore ce qu’est le bonheur mais je sais une chose, c’est que j’y ai droit, je le mérite comme tout le monde. Et cette pensée, cette sensation d’ENVIE est en moi comme une rage. Et si cette envie existe puisque je la désire, alors son assouvissement existe. Donc ce bonheur, même s’il me semble inconnu et abstrait au possible, existe quelque part pour moi et cela suffit à ne pas éteindre l’humain que je suis quelque soit l’état de mon être à certains moments. Et même s’il devait ne pas exister, ce n’est pas grave car je vais tout de même passer ma vie à le “TRAQUER”.
Ah oui, c’est vrai, tu souffres de dépersonnalisation alors tu as trouvé un moyen de personnaliser au moins ta maladie en lui fourrant un nom tapageur qui te permets de te procurer une identité au moins de ce coté. Pardonne ma rudesse mais : Du flan tout ça avec un zeste de complaisance. Tu as trouvé un moyen d’exister à travers cette ” maladie”. Difficile de t’enlever cela. Impossible de te le repocher.
Mais tu n’as pas besoin de nommer la souffrance pour la vivre. C’est comme donner un nom à sa voiture ou à sa queue.
Tu crois avoir le choix de rester de ton coté mais tu es avec nous, tu n’y échapperas pas. Il n’y a qu’une pièce et quatre murs. Et dans ces quatre murs, il y a 6 milliards d’humains et chacun se croit de sont coté.
Es-tu seul ? Je veux dire au fond de toi.
As-tu déjà croisé des personnes avec qui tu as eu ENVIE, BESOIN d’être ?
Ou n’es-tu qu’avec toi ? Par dépit ? Par choix ?
Ecrit par Humans shape le 2 August 2007