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Archives pour la catégorie 'Psy'

[Dessin] La mouche

Publié par Waking-Life le 29.10.2008

Petit dessin du soir, inspiré par un message de pommeleau sur le forum

Des fois, je me dis que je suis comme une mouche qui se cogne inlassablement au carreau, alors que la fenêtre d’à côté est grande ouverte sur l’infini.

Que faire ? Entre omnipotence et procrastination

Publié par Waking-Life le 12.08.2008

Je m’emmerde. Tout le temps je m’emmerde. Partout je m’emmerde. Dès que je fais quelque chose ça m’emmerde. Davantage que quand je ne fais rien d’ailleurs. C’est vraiment pathologique. J’ai tellement de mal à m’incarner dans l’action, à “être à ce que je fais” comme on dit.

Ce qui m’emmerde tant dans l’action c’est qu’elle est limitante. Quand je fais ça, ici et maintenant, je ne fais pas autre chose, ailleurs. Et tous les possibles que j’abandonne me réclament. Quand je suis au boulot, je voudrais faire de la guitare chez moi; quand je joue de la guitare, je voudrais dessiner; quand je dessine, je voudrais voyager; quand je voyage, je voudrais lire. Le temps joue contre nous.

Il y a tant à faire, c’est effrayant.

Entre les obligations du quotidien, la culture, les loisirs, les amis, le travail. Apprendre le piano ou une langue étrangère ? Écrire à ma grand mère ou lire un bouquin ? Écouter ce musicien que je délaisse ou dessiner ? Il y a tant de livres, tant de musique, tant de cultures, tant de films, tant de villes et tant de personnes, tant de passions pour passer son temps, pour perdre une vie. Comment choisir, comment abandonner le reste ?

Alors je ne fais rien du tout. Ou bien je picore. Je commence-ci, j’arrête ça. Je touche à tout sans rien faire à fond. Et puis, surtout, je rumine. Je rumine des projets que je ne réaliserais jamais. Je me nourris de ça. J’imagine, je conçois, je rêve. Mon esprit est un attracteur plus fort que ce que la réalité peut m’apporter. Surtout depuis que tous mes sens sont émoussés. Je prends si peu de plaisir. La réalisation d’un rêve est toujours décevante. La réalité est moins forte, moins belle. Elle est frustrante, faite de concessions et de choix. Pourquoi, dans ces conditions, devoir passer à l’acte, pourquoi ne pas s’abstenir, ne rien faire et rêver ? C’est tellement tentant.

Et puis, comme si ça ne suffisait pas, en plus de cela, il y a ce double maudit qui m’accompagne partout. Cette auto analyse permanente qui met en abime tous mes actes et toutes mes pensées, avec en tâche de fond, comme un voyant de contrôle obsédant, la question lancinante du “POURQUOI”. Trouver un sens à tout. Cette lucidité qui me murmure comme un mauvais démon qu’aucun de nos acte n’est nécessaire. On s’invente des obligations, une importance, une place artificielle dans un monde qui n’a pas besoin de nous.On se choisit arbitrairement une passion et on se convainc qu’on adore ça, pour mieux perdre son temps. Mais tout est profondément futile. Tout pourrait aussi bien ne pas être : C’est le vertige de la contingence de toute chose. L’inutilité profonde de toute cette agitation. Avec aussi, ce sentiment cousin de l’orgueil qui accompagne chaque divertissement; celui de n’être pas dupe, de faire semblant et de jouer un rôle.

Quand on va bien, d’autant que je me souvienne, le désir et l’envie jouent ce rôle de moteur. On se laisse tirer par ces élans vitaux et le reste vient avec. Les questions s’envolent.

Mais en ce moment bordel! Cette dépression! Tout est si pénible! Le moteur est cassé. Je suis à coté de la voiture et je pousse. Tout se fait dans la douleur. J’ai aussi un nœud d’angoisse au milieu du bide. C’est l’angoisse du temps qui passe, de la vie qui passe. C’est une tension énorme qui ne me quitte pas, une sorte d’impatience originelle et de faim de vivre qui ne peuvent plus s’incarner en envies et en désirs, et qui enflent, qui enflent.

[annonce] Marche curative

Publié par Waking-Life le 05.02.2008

Bonjour à tous.

J’ai reçu ce matin un mail d’un membre de dpselfhelp.com (la communauté anglo saxone d’entraide sur la DP/DR). Il propose une longue marche (de plusieurs mois !) à travers l’europe avec d’autres personnes souffrant de DP/DR pour essayer d’en venir à bout.

Voici son mail en anglais (la traduction est après)

Hi!

I’m Johan (lostsoul on dpselfhelp.com). I’m sending you this email to invite
you for our trip, called The Curing Walk (TCW).

In my three years of suffering (and I still am) I started to understand more and more
what this whole mess is about. I’ve been in clinics and met people with DP/DR and
I’ve seen people getting out of it and learned from them.

The way to get out of this hell is not easy, there is no magic pill. If there was I
would have known by now. As Peter Levine also mentioned in his book ‘you get in the present
by being in your body’. It’s true, but to enter your body there has to be a combination
of expressing your feelings, socializing, focusing outwards and fysical work.

DR is nothing more then hating the world so much that you don’t believe in it anymore.
DP is nothing more then beeing to focused on yourself.
But both means you’re not living in the present.

A wise man once told me ‘A man is fine when he believes in himself, others, in God and
in the world (let me rephrase this, a man (or woman) is fine when he/she lives in the
present)’. DP/DR sufferers don’t live in the present and they realize it (this is called
Kundalini, a higher conscious).

The Curing Walk is all about this. It will be a combination of making new friends (friends
that are highly sensitive, just like you),
enjoying yourself, working on your chakra’s (especially your throat chakra),
focusing outwards and most of all, a lot of walking to get your grounded again.

The startingpoint is The Netherlands, the ending point will be Spain! Three to four
months of walking, having fun, socializing and curing in a big group of dp/dr sufferers.

Today I got two emails from guys from the USA who will join! They were so interested
that they will fly over from the USA to The Netherlands. So don’t let the distance
discourage you.

For more info :
http://www.dpselfhelp.com/forum/viewtopic.php?t=14368

To join simply send me an email and I will let you know the date we will leave 1 to 2 weeks
in advance.

Hugs,

Johan Struijk
Author of Reprogram Your Mind

En voici une traduction rapide :

Bonjour,

Je suis Johan (”lostsoul” sur dpselfhelp). Je vous envoie ce mail pour vous inviter à un voyage, appelé la marche curative (TCW).

En trois ans de DP/DR (j’y suis encore) je commence à comprendre de plus en plus le fonctionnement de ce bordel. J’ai été dans des hopitaux, j’ai rencontré des gens qui s’en sont sorti et j’en ai retenu certaines choses.

La manière de sortir de cette enfer n’est pas facile. Il n’y a pas de pilule magique. S’il y en avait une, je le saurais maintenant. Comme “Peter Levine” le dit dans son livre, “Vous êtes dans le présent en étant dans votre corps”. C’est vrai, mais pour rentrer dans son corps, il faut combiner plusieurs choses : Exprimer ses sentiments, se sociabiliser, se concentrer vers l’extérieur et avoir une activité physique.

Être déréalisé, ce n’est rien d’autre que de haïr tellement le monde qu’on ne veut plus y croire.
Être dépersonnalisé, ce n’est rien d’autre qu’être concentré sur soi même.
Les deux signifient que vous ne vivez pas dans le présent.

Un sage m’a dit une fois “Un homme va bien s’il croit en lui, en les autres, en Dieu et le monde”. Laissez moi le reformuler : “Un homme va bien quand il vit dans le présent”. Les gens souffrant de DP/DR ne vivent pas dans le présent et en sont conscients (ça s’appelle Kundalini, une conscience supérieure).

La marche curative, c’est ça : Ce sera à la fois rencontrer de nouveaux amis (des amis très sensibles, comme vous), prendre du bon temps, travailler sur vos chacras (en particulier la gorge), se concentrer sur l’extérieur et, avant tout, beaucoup de marche pour enfin redescendre sur terre.

Le point de départ est aux Pays Bas, l’arrivée sera en Espagne. 3/4 mois à marcher, s’amuser, se sociabiliser et se soigner au sein d’un grand groupe de de personnes souffrant de DP/DR.

Aujourd’hui, J’ai reçu 2 mails d’américains (USA) qui nous rejoignent. Ils sont suffisament intéressés pour faire le vol des USA jusqu’aux Pays Bas ! Alors ne laissez pas la distance vous décourager.

Pour plus d’info :
http://www.dpselfhelp.com/forum/viewtopic.php?t=14368

Pour nous rejoindre envoyez moi un mail - johan_struijk (at) yahoo.com - Et je vous communiquerais la date de départ 1 ou 2 semaines à l’avance.

Je vous embrasse.

Johan Struijk
Auteur de Reprogram Your Mind

3/4 mois de vacances … Ils ont les moyens les canadiens (je crois qu’il est canadien, je suis pas sûr). Bref, si ça vous intéresse, contactez le directement: johan_struijk (at) yahoo.com.
Il y a aussi un document explicatif à télécharger :
http://www.driversweb.nl/thecuringwalk.doc

Ils vont certainement passer par la France, c’est peut être possible de se joindre à eux pour un bout de chemin.

La promesse de l’horizon

Publié par Waking-Life le 17.08.2007

J’aspire à l’enfance.

Je n’arrive pas à me détacher de cette nostalgie gluante : La nostalgie de mon ressenti de gosse.

Un gosse qui a confiance en la vie. Qui regarde sa grande soeur passer sa crise d’adolescence. Sa sœur va mal, elle est en révolte contre le monde, elle se demande pourquoi elle existe, et pourquoi elle va mal.
Lui il ne la comprend pas : les choses lui paraissent simples, il suffit de se laisser porter. Il se jure de ne jamais se demander pourquoi il existe.
Quand il regarde un peu plus loin, il voit juste un horizon verdoyant avec un drapeau qui flotte: La prochaine étape.

Y’en a plein des drapeaux comme ça. Ils sont bizarres, tous différents, c’est rigolo.

D’ici il voit : Un controle de maths, la prochaine boum, les grandes vacances, Noël et sa boite de LEGO, mercredi matin et le prochain épisode de son dessins animé préféré …

Ils ne sait pas pourquoi ils sont là. C’est les adultes qui font le chemin de piste pour lui. Il ne sait pas ce qu’il y a derrière l’horizon. Je crois bien que ça ne l’intéresse même pas. Il a confiance.

L’important à ce stade, ce n’est pas tellement ce que représentent les drapeaux, ou bien ce qu’il y a derrière l’horizon. L’important c’est qu’il y ait un horizon et des drapeaux.
Le reste est facile.

Je me souviens avec mes sœurs, quand on partait en grandes vacances. Mes parents nous cueillaient dans le lit à 4h du matin pour nous mettre dans la voiture. On était à moitié éveillé par l’excitation. Mais on faisait semblant de dormir, pour le plaisir de se sentir porté puis déposé à l’arrière de la voiture. Au milieu des sacs et des vestes, sur un petit oreiller.

Au petit matin, sur les routes nationales vallonnées, je fixais toujours la ligne d’horizon qui se confondait avec le ciel. A chaque franchissement de sommet, j’imaginais que le paysage derrière serait merveilleux. Comme dans les films, quand un chevalier découvre une vallée perdue. Ou même, j’aurais voulu que la route cesse, et que la voiture quitte le sol pour s’envoler.

Mais cet horizon laissait place à un horizon semblable, portant la même route, sur le même paysage. Au bout d’un temps, lassé, je me rendormais.

La vie me donne cette impression.

Sorti du parcours jalonné de l’enfance et des études, il n’y a plus de petits drapeaux. Rien qui ne pousse (ou ne tire) au changement. C’est au contraire une lutte sans fin pour ne pas laisser la routine et la lassitude nous dessécher. Et puis il a cette idée effrayante : Si l’on cesse de poser nous même des jalons sur cette route, si on refuse l’effort, la route devient droite et plate. Les vallées disparaissent pour laisser place à un décors de road movie : Le grand désert d’Arizona. Dans ce décors, le regard porte très loin. Si on se concentre bien, on peut apercevoir, au fond, la fin du chemin.

Les horizons je les connais par cœur. J’ai l’impression de les avoir tous déjà vus. Je sais que la route est sensiblement la même derrière chacun d’eux. Même le changement est une routine, un recommencement.

Rendez-moi mon âme d’enfant.

Le malheur est un choix

Publié par Waking-Life le 30.07.2007

Je suis malheureux.
C’est un choix, une posture.
Une simple question d’orgueil.

Par cette attitude, je signifie au monde mon désaccord.
L’existence est intolérable, je veux qu’elle le sache.
Je boude.

Évidement, je pourrais faire comme tout le monde : faire semblant, donner le change, prendre les choses à la légère et être heureux.
Non, je refuse.
La vie ne mérite pas mon bonheur.
Je ne lui montrerais pas la moindre marque de gratitude.
Question d’intégrité.

Dites donc la bas, au fond : Vous croyez que je ne vous ai pas vu ?
Avec votre sourire béat. Vous faites donc partie de la masse ?
Vous aussi vous participez à l’agitation ambiante ?
Vous cautionnez tout ça ?
N’avez vous donc aucune dignité ?

Non n’insistez pas, je reste de mon coté.
Vous ne pouvez pas comprendre.
Vous êtes tous tellement normaux.

Laissez moi, sombres cons.