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Archives pour la catégorie 'Réflexions'

Que faire ? Entre omnipotence et procrastination

Publié par Waking-Life le 12.08.2008

Je m’emmerde. Tout le temps je m’emmerde. Partout je m’emmerde. Dès que je fais quelque chose ça m’emmerde. Davantage que quand je ne fais rien d’ailleurs. C’est vraiment pathologique. J’ai tellement de mal à m’incarner dans l’action, à “être à ce que je fais” comme on dit.

Ce qui m’emmerde tant dans l’action c’est qu’elle est limitante. Quand je fais ça, ici et maintenant, je ne fais pas autre chose, ailleurs. Et tous les possibles que j’abandonne me réclament. Quand je suis au boulot, je voudrais faire de la guitare chez moi; quand je joue de la guitare, je voudrais dessiner; quand je dessine, je voudrais voyager; quand je voyage, je voudrais lire. Le temps joue contre nous.

Il y a tant à faire, c’est effrayant.

Entre les obligations du quotidien, la culture, les loisirs, les amis, le travail. Apprendre le piano ou une langue étrangère ? Écrire à ma grand mère ou lire un bouquin ? Écouter ce musicien que je délaisse ou dessiner ? Il y a tant de livres, tant de musique, tant de cultures, tant de films, tant de villes et tant de personnes, tant de passions pour passer son temps, pour perdre une vie. Comment choisir, comment abandonner le reste ?

Alors je ne fais rien du tout. Ou bien je picore. Je commence-ci, j’arrête ça. Je touche à tout sans rien faire à fond. Et puis, surtout, je rumine. Je rumine des projets que je ne réaliserais jamais. Je me nourris de ça. J’imagine, je conçois, je rêve. Mon esprit est un attracteur plus fort que ce que la réalité peut m’apporter. Surtout depuis que tous mes sens sont émoussés. Je prends si peu de plaisir. La réalisation d’un rêve est toujours décevante. La réalité est moins forte, moins belle. Elle est frustrante, faite de concessions et de choix. Pourquoi, dans ces conditions, devoir passer à l’acte, pourquoi ne pas s’abstenir, ne rien faire et rêver ? C’est tellement tentant.

Et puis, comme si ça ne suffisait pas, en plus de cela, il y a ce double maudit qui m’accompagne partout. Cette auto analyse permanente qui met en abime tous mes actes et toutes mes pensées, avec en tâche de fond, comme un voyant de contrôle obsédant, la question lancinante du “POURQUOI”. Trouver un sens à tout. Cette lucidité qui me murmure comme un mauvais démon qu’aucun de nos acte n’est nécessaire. On s’invente des obligations, une importance, une place artificielle dans un monde qui n’a pas besoin de nous.On se choisit arbitrairement une passion et on se convainc qu’on adore ça, pour mieux perdre son temps. Mais tout est profondément futile. Tout pourrait aussi bien ne pas être : C’est le vertige de la contingence de toute chose. L’inutilité profonde de toute cette agitation. Avec aussi, ce sentiment cousin de l’orgueil qui accompagne chaque divertissement; celui de n’être pas dupe, de faire semblant et de jouer un rôle.

Quand on va bien, d’autant que je me souvienne, le désir et l’envie jouent ce rôle de moteur. On se laisse tirer par ces élans vitaux et le reste vient avec. Les questions s’envolent.

Mais en ce moment bordel! Cette dépression! Tout est si pénible! Le moteur est cassé. Je suis à coté de la voiture et je pousse. Tout se fait dans la douleur. J’ai aussi un nœud d’angoisse au milieu du bide. C’est l’angoisse du temps qui passe, de la vie qui passe. C’est une tension énorme qui ne me quitte pas, une sorte d’impatience originelle et de faim de vivre qui ne peuvent plus s’incarner en envies et en désirs, et qui enflent, qui enflent.

Incertitude

Publié par Waking-Life le 10.01.2008
Continuez vous à exister quand je ne suis pas là ?

Et moi j’existe quand vous ne me voyez pas ?

Where is my mind ? The Music Powa

Publié par Waking-Life le 24.07.2007

Je mesure mon degré de bien/mal être, aux sensations que me procurent certains morceaux.
La musique est vraiment quelque chose de magique.

Une fois, on a demandé à ma mère les trois choses sans lesquelles elle ne pourrait pas vivre : L’une des trois réponse était “La musique”. Je suis d’accord avec ça.

Quand je me ferme comme une huitre, que j’avance les dents serrées et que plus rien ne circule en moi, je me prépare une playlist de quelques morceaux choisis. Ceux qui vibrent à la même fréquence que moi, qui me font entrer en résonance.

Petit à petit, la musique se fraye un chemin dans les interstices oubliés de ma carapace et va titiller le morceau d’âme recroquevillé tout au fond de moi. Patiemment, elle l’apprivoise, le fait remonter à la surface, le rassure. Pour ça, deux types de morceaux fonctionnent bien : Les péchus et déprimants.

La vie «active»

Publié par Waking-Life le 30.06.2007

Voilà 3 ans et demi que je suis entré dans la vie «active». Ça ressemble exactement à ce que j’imaginais : Une vie passive.

Le travail salarié est une véritable plaie. Un esclavage de l’homme par lui même. Enfermé dans un bureau 7h par jour. Faire la même chose ou presque toute la semaine. L’ambiance guindée, les collègues dépressifs qui donnent le change; les sourires crispés:
- Ça va ? “Comme un Lundi”
- Ça va ? “Ben ouais, je suis bientôt en vacances”.
C’est pathétique.

C’est pas humain de faire tout le temps la même chose. On est des primates après tout : Les primates se lassent très vite de tout, c’est bien connu.
J’ai dans l’idée que mes loisirs préférés deviendraient vite des calvaires si on m’obligeait à les pratiquer tous les jours. Ça coule de source. Et pourtant, tous les matins, la masse salariale se presse du même pas pour aller faire la pute au boulot qu’il déteste : Vendre son temps pour de l’argent.

Mon taf me dessèche. Rien de ce que je fais ne m’appartient : Le fruit de mon travail est phagocyté par l’entreprise. Je ne me sens pas concerné, pas personnellement impliqué. Les responsabilités sont faites pour être diluées. Il en résulte que tout le monde se fout de tout. Sauf les petits chefs : Ils font semblant de se sentir personnellement impliqués. On leur donne des objectifs chiffrés : La carotte et le bâton. Forcément ça motive.
Mais au fond ils s’en foutent aussi, comme nous. Le seul fil qui nous lie à cette prison, c’est le chèque de fin de mois, celui qui nous permet de bouffer et d’avoir ainsi le privilège de continuer à se faire chier.

Demain, la boite pourrait couler que tout le monde s’en foutrait (personnellement je veux dire). Étrange entité que cette entreprise : Constituée des employés qu’elle réduit en esclavage. Elle n’a pas d’existence propre, mais tout le monde la déteste.

Poisson

Chaque entreprise est un modèle réduit du ‘Système’. Le Système est ainsi fait qu’il favorise la dilution : Plus personne n’a vraiment la possibilité d’entrevoir le tout, de maitriser son ouvrage. Cadres ou ouvriers, nous sommes tous des maillons dans la grosse chaine de production, employés à visser notre boulon. Des hyper spécialistes de nos taches insignifiantes. Peut-on se se satisfaire d’être une brique dans le mur ? Une brique indispensable dans un mur trop grand pour être appréhendé.
Tout ça est destructeur pour l’identité. Je voudrais pouvoir m’identifier à mon travail. L’aire des services nous désincarne. Il nous faudrait plus de concret. Un retour à la terre, au manuel. Pouvoir dire : “Cet objet, c’est mon travail, une part de moi”

Je hais mon travail. Je hais le travail. Ces semaines qui passent comme des secondes. Ce temps formaté : les 5 jours de souffrance et les 2 jours de détente obligatoires. Ces WE de divertissement forcés, frénétiques , vains : Simple parenthèses dans le fil de l’ennui.
Il m’est arrivé une ou deux fois de me faire porter malade un vendredi : Comme ça, pour voir. Quelle impression de liberté ! Pouvoir jouir ainsi d’une journée simple, sans l’avoir “posée” (je déteste ce terme) deux semaines à l’avance. Pouvoir improviser sa journée au pied levé : Aujourd’hui j’ai pas envie de bosser, je reste au lit . Le droit de disposer de son temps. Faire la grasse matinée. Aller flaner dans les magasins sans avoir à supporter la foule des moutons du samedi. Manger quand on a faim. Pas à 12h10. Aller régler ses petites affaires, sans avoir à prévoir un jour de congé à l’avance …

Et vous, vous aimez votre taf ?

Les faces B

Publié par Waking-Life le 18.07.2006

Les relations qu’on entretien avec ses amis évoluent. C’est un peu comme pour les chansons d’un album qu’on adore.

Au début, on écoute le single accrocheur en boucle, on peut pas s’en passer. On a bien parcouru tout l’album mais aucun autre morceau ne nous emballe vraiment. Puis à force de se le repasser, on se lasse du titre principal et on commence à en apprécier d’autres. Le plaisir qu’on prend à les écouter est souvent plus subtil, plus profond et plus durable.

Le même phénomène opère dans les relations entre les gens. Il y a les caractères feu de paille, ceux qui font l’unanimité quand on les rencontre. Ils brillent. Tout le monde les aime. Coup de foudre amical. Et puis il y a ceux qui sont effacés, qu’on ne remarque pas quand ils sont en groupe, mais qui se révèlent lors d’une intimité accidentelle. On s’y attache plus intimement.

J’ai comme ça des souvenirs de fin d’année scolaire au parfum d’été. Les cris des martinets qui frolent les facades des maisons. La lumière fatiguée du soir. On sèche les derniers cours dans le parc à coté du lycée. On boit on fume, on parle. Au hasard des discussions, on échange quelques mots avec celui ou celle qui n’était qu’un voisin effacé. Et contre toute attente, une complicité s’installe naturellement.

L’année touche a sa fin et on s’aperçois qu’on est passé à côté d’une possible amitié.