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Archives pour la catégorie 'Réflexions'

Mon Papa

Publié par Waking-Life le 17.10.2005

Mon papa Mon Papa, il est grand et mince, un peu comme moi. Et puis il est pas très costaux, comme moi. Mon Papa, il a un regard sombre et tombant, un beau sourire d’italien et une calvitie qui lui va bien. Mon papa, il est intelligent, calme et juste. Et puis il est intéressant. Il est humain mon papa, et ça, c’est à tout le monde que ça va bien.

Mais il est triste, très triste mon papa. Pourtant, il pleure pas mon papa, il dit rien, il fait comme moi. Ma maman lui reproche souvent. Mais il n’y peut rien, il est fait comme ça.

Mon papa, il nous aime et tout, mais en vrai c’est un solitaire que la vie a rattrapé. Il a souvent un regard triste. Quand il a le blues et qu’on le regarde, il nous sourit ou bien il fait le l’idiot. Il s’esquive, un peu comme moi. Moi j’insiste pas. Des fois faut laisser les gens dans leur spleen. La tristesse, c’est nécessaire parfois.

Ce qui me fait le plus de peine, c’est qu’il est vieux mon papa. Trop vieux pour recommencer une vie. J’ai l’impression que sa vie lui convient pas. Mais il fait rien, il attend. Un peu comme moi. En fait ce qui me fait peur chez mon papa, c’est qu’il me ressemble beaucoup. Il est résigné. Et moi, j’ai la trouille de ça. J’aimerais apprendre un jour qu’il a disparu. Ca voudrait dire qu’il s’est enfui. Ca me ferait vraiment plaisir.

Des fois, quand je pense à mon papa, j’ai une boule qui se forme. Juste là.

Échange de maux : L’occident au bord des larmes

Publié par Waking-Life le 12.10.2005

J’entends souvent les gens se plaindre que l’époque est égoïste, individualiste, que les gens s’ignorent et ne s’entraident plus. C’est vrai, mais en partie seulement. J’ai surtout le sentiment que le mode de vie moderne (occidental, capitaliste, …) arrive à un point de saturation, un basculement dans son évolution.

La période que je considère comme presque révolue, c’est celle de l’éclatement des valeurs et des piliers de la société traditionnelle. Au cours du demi siècle passé, la société a tenté de s’émanciper, de se débarrasser des chaines du passé et de se réinventer. Elle a lancé les individus à la découverte de leur vertigineuse liberté. Les outils étaient là : développement personnel, psychologie, rationalisme, abandon du modèle familial et des carcans religieux, médecine souveraine, scientisme, … Tout convergeait vers une utopie unique : Atteindre l’impossible bonheur individuel. On pensait pourtant tout pouvoir contrôler, ne rien avoir laissé au hasard. Il était là, à portée de main, on devait être capable de le construire ce bonheur, l’apercevoir au moins. Plus on se sondait, plus on le cherchait, et plus ça nous rendait malheureux…

Il y avait aussi ce gouffre entre les promesses du développement personnel et notre vie, la vraie. D’un côté des rêves de grandes destinées, un insatiable besoin de reconnaissance, de distinction, pour sortir enfin de la masse informe des gens ordinaires. Passions amoureuses, grandes aventures, romantisme et héroïsme : Du cinéma à la littérature, en passant par la musique et le show-biz, tout le monde nous en servait de ces grandes destinées … De l’autre côté, on avait nos petits boulots utiles et terre à terre qui nourrissaient une petite vie rangée, étriquée, gavée jusqu’à la gueule de toutes les obligations pratiques de la routine et de toutes ces “choses à faire” qui ne nous laissait plus le temps de rien.

Pause. Travelling arrière et plan large : Ca donne quoi là ? Des armées d’experts comptables romantiques, rêvant de tour du monde en vélo et de nuits d’ivresses. Des troupeaux d’informaticiens poètes, rédigeant leur blog au bureau pour se convaincre de leur existence [ça c’est moi], des caissières princesses rêvant au chef de rayon prince-charmant au détour de l’étalage des condiments.

Alain Souchon l’a brossé depuis longtemps ce portrait là : “Des foules sentimentales”.

Le gouffre est béant. La souffrance ne nait pas d’une condition particulière, mais de l’idée que l’on s’en fait. C’est cette distance entre l’idéal et la réalité qui est douloureuse. J’ai dans l’idée que que les gens peuvent vivre parfaitement heureux dans la misère la plus totale, tant qu’on leur cache ce qu’ils n’ont pas.

L’élan initial, l’entousiasme de cette nouvelle liberté s’est tari. Personne n’y croît plus trop. Je rencontre de plus en plus souvent de jeunes adultes perdus comme moi, angoissés et désabusés. On en croise à la pelle dans les couloirs de nos bureaux, il suffit de bien observer. On a nos signes de reconnaissance, nos codes verbaux comme les membres d’une obscure société secrète : Au café, au cours de l’une de ces passionantes conversations sur les plans épargne logement, l’un des notres lache nonchalament une remarque noir ébène, l’esquisse d’un doute qui entame sérieusement l’ambiance bon enfant de la conversation :
- Et avec un placement immobilier de ce genre ça rapporte du 10% par an, soit pres de 20.000 euros sur dix ans …
- Ouais, enfin si t’es pas mort avant…

Cette pirouette est une brèche, un souffle de rien du tout qui ébranle toute les certitudes et réveille les angoisses métaphysiques de fond. La perche est tendue. Enfin, les consciences sont réveillées. Chacun se rappelle désormais à quelle point cette discussion était convenue. A quel point il se contrefout de la valeur du CAC-40 ou du nouveau portail en chêne du responsable qualité. Ces sujets ne tiendraient pas cinq minutes dans une discussion entre vrais amis, autour d’une bonne bouteille. Les vrais péoccupations intimes sont profondes, toutes similaires. Les gens scindent leurs grandes angoisses impalpables en des miriades de soucis matériels futiles, pour mieux pouvoir les contrôler. Mais au fond, les mêmes mots sont au bord de toutes les lèvres. Il suffirait d’un claquement de doigts pour que toute l’assemblée se jette dans les bras les uns des autres, se vomissant à la gueule leurs angoisses, leurs attentes et leurs doutes, parlant amour, amitié et spiritualité.

Dans tous les domaines de l’expression, un vent de confession intime se fait sentir. Les nouveaux artistes exposent leurs névroses, leur mal être et leurs doutes. Ils affichent fièrement leur inconsistance. En vrac, parmis mes préférés :
- Alain Souchon
- Manu Larcenet
- M (Mathieu Chedid)
- Houellebecq
- …

C’est pas nouveau me direz vous, les artistes ont toujours été la sensibilité de la société. La différence ici, c’est que la masse semble s’identifier à ce mal être, y adhère et en redemande. Là ou les politiciens et les patrons courent derrière la croissance et parlent en termes de rentabilité, les artistes semblent dire : “Stop ! Je ne sais plus là. Je vais mal moi. Si on arrêtait de jouer un temps ?”
Et les moeurs de suivre. Il est de plus en plus facile d’exprimer un mal être, de remettre en cause le fonctionnement des choses, de renier le système. Beaucoup de gens sont perdus, comme moi, comme vous. Ce soir, c’est la réunion des mal être anonymes.
“Bonjour, je m’appelle Jérôme et j’ai oublié pourquoi je cours”.
“Bonsoir, moi c’est Sylvie et le monde moderne m’emmerde.”

Alors oui, le monde moderne est froid et violent. Mais les gens qui le composent sont bons. Ils ont des coeurs immenses prêts à s’ouvrir au moindre signe. Ils sont juste un peu rouillés par leurs frustrations et leur mode de vie. Le monde occidental est comme un petit garçon qui vient de se casser la gueule : Son visage est fier et rigide mais on aperçoit déjà sa lèvre inférieure qui tremble. Dans quelques secondes, une lueur furtive traversera son regard, et son masque volera en un éclat de mille sanglots. L’humanité a voulu échapper à ses ancètres et à ses dieux, elle pensait pouvoir avancer seule. Mais elle ne sait pas encore marcher, elle a besoin de ses racines. D’ici peu, elle reviendra en pleurant se blottir dans les jupons de sa mère.

Moi, j’attends ce moment là avec impatience : On se sent tellement mieux après avoir pleuré.

Les non choix

Publié par Waking-Life le 21.09.2005

cubes
Chaque changement dans ma vie, chaque étape de l’existence, m’apparaît comme une montagne infranchissable. En même temps, je souffre d’une claustrophobie de l’existence : la routine m’effraie. Tout engagement, si mineur soit il, résonne pour moi comme un enfermement.

Et voilà le constat : Je me retrouve coincé entre deux pans contradictoires de mon angoisse, à ne pouvoir opter pour aucun des choix possibles, tétanisé comme un rongeur pris dans les phares d’une voiture. Ça, personne ne le dit : Dans les choix de vie qu’on nous propose, il se peut très bien qu’aucun ne convienne, qu’on ne rentre dans aucun des moules prévus à cet effet.

Je ne crois pas au destin ou à la légende intérieure décrite dans l’Alchimiste. Aucun ingénieur en chef n’a prévu à la naissance quelle place occuperait chaque individu dans sa vie future ni n’a décidé de l’identité d’une éventuelle promise. La vérité, c’est que réalité n’a pas été conçue pour nous recevoir, il faut s’adapter à celle ci. Et si on découvre qu’on n’est pas conçu pour ? C’est possible, car tout est possible.

Tout peut arriver dans la vie, et surtout rien[M. Houellebecq]

Et c’est comme ça pour tout le reste :
Tu veux travailler ou pas ? Ni l’un, ni l’autre.
Tu veux vivre en couple ou en solitaire ? Ni l’un ni l’autre.
Tu veux une vie de famille ou vieillir seul ? Ni l’un ni l’autre
Tu veux de la routine ou du changement ? Ni l’un ni l’autre.
Tu veux vivre ou mourrir ? Ni l’un ni l’autre.

Alors je me braque. Je m’embourbe dans un semi état, une vie qui elle non plus ne me convient pas. Et elle commence à germer la crainte ultime, envahissante comme un spectre sur ma non-vie : Mon mal être ne vient pas de l’extérieur ou des circonstances, il est intérieur. Toute fuite, tout changement dans ma vie est inutile. Où que j’aille, quoi que je fasse, j’emporterais toujours avec moi cette âme qui ressent tout de travers, qui craint et qui souffre .. et l’herbe me semblera toujours plus verte ailleurs.

La conscience globale

Publié par Waking-Life le 11.09.2005

L'homme pinceau

J’ai parfois l’impression que mes idées ne m’appartiennent pas réellement, qu’elles existent indépendament de moi et qu’elles ont pris forme dans mon esprit par un heureux concours de circonstances, comme elles auraient pu le faire chez mon voisin, indépendament de toute volonté.

Dans l’histoire des sciences ou de l’art, on peut trouver de nombreux exemples de grandes idées qui ont germées simultanément dans l’esprit de plusieurs individus, et ce sans qu’ils n’aient eu à communiquer. C’est à croire que ces idées existent à priori, quelque part, et qu’elles attendent que les consciences soient assez mures pour s’y incarner.

On peut aussi l’expliquer ainsi : Si on considère à un instant donné l’ensemble des connaissances, des opinions et des pensées de l’humanité, on peut définir une sorte de conscience globale, somme de toutes les pensées individuelles. Avec la généralisation des moyens de communication et de diffusion rapide de l’information (dans laquelle l’apparition des blogs constitue, à mon sens, une évolution majeure), les idées circulent à une allure telle que les consciences individuelles tendent à rentrer en phase. Elles perdent ainsi peu à peu de leur identité (corpusculaire) pour se fondre dans la grande vague (ondulatoire) de la conscience globale. Les mêmes idées émergent au même instant dans les esprits des individus ayant des profils culturels similaires, vibrant au même rythme.

Au niveau de l’individu, cette globalisation se traduit par le sentiment d’être davantage un vecteur d’information que le véritable acteur de ses propres pensées. Cette mutation est accentuée par plusieurs dérives :

La plupart des médias (presse, musique, télé, cinéma, internet, …) font de nous des consommateurs exclusifs d’intelligence, avides de toujours plus d’information. La masse de ces données et la vitesse à laquelle elles nous sont fournies ne nous permettent pas de nous les apprioprier ni de les traiter correctement. Notre rôle se cantonne alors à être des relais de ces informations, de simples d’aggrégateurs passifs d’idées et d’opinions. Toute créativité personnelle devient alors superflue, Le sytème nous fournissant en permanence le meilleur de l’art et l’essentiel des analyses, traduisant nos émotions et le ressenti par rapport à notre environnement mieux qu’on ne pourrait l’exprimer nous même. Les livres se substituent à nos mots, les chansons à nos cris. On ne percoit plus le monde que par procuration, à travers la vision de nos écrivains et artistes préférés. Avoir un avis crédible sur un sujet se résume désormais à avoir lu suffisament d’articles et absorbé suffisament de reportages sur celui ci, et d’être capable d’en resortir une compilation “personalisée”. Notre identité n’est plus alors qu’un patchwork d’idées empruntées à d’autres.

Flux d'information
Dans le milieu professionnel aussi, l’essentiel du travail d’un cadre moderne se résume à ingurgiter, à traiter et à enrichir (éventuellement) un flux d’information. Le cadre de cet exercice est souvent formatté et prédéfini (par un cahier des charges, une prodédure ISO-Mes-couillles ou la lubie d’un supérieur) et laisse peu de place à une quelconque créativité ou à l’expression d’une identité. L’employé est cantoné à son domaine d’expertise et utilisé comme un réservoir à connaissance, simple dépositaire de sa spécialité.

Enfin, plus nous avançons dans l’histoire de l’humanité, plus l’héritage culturel est lourd. A la fin de ses études, les connaissances d’un jeune adulte sont davantage héritées de siècles de culture que issues de sa propre expérience. Il peut tout connaitre de l’économie, des coutumes et de la population d’un pays sans n’y avoir jamais mis les pieds. Il prolonge ainsi la mémoire globale de l’humanité. Tout se passe comme s’il naissait avec cette mémoire implantée dans la conscience. C’est d’autant plus opressant que nous arrivons à un point où tout semble avoir été fait et exploré.

Alors qu’il restait encore à nos ailleux des pans d’inconnue et de mystère, l’avancée de la science semble ajourd’hui avoir tout rationnalisé et expliqué, poussant la spiritualité dans ses derniers retranchements. Les phénomènes occultes où l’on voyait autrefois la main de dieu ou l’oeuvre du destin, sont désormais décortiqués expliqués, et démystifiés. Les angoisses existentielles, qui trouvaient autrefois refuge dans les nombreuses croyances (fantomes, esprits, sorts, …) sont aujourd’hui concentrées, compressées en un unique et dense “pourquoi”, là ou la science emplit le champ de pensée de ses “comment”. Cette conscience aiguisée du fonctionnement de l’univers et de son étendue est perverse. On dispose désormais d’une visibilité presque totale sur notre environement spacio temporel : De l’infiniment petit à l’infiniment grand, de l’origine de l’univers jusqu’à notre mort : Il est possible de tout embrasser d’une seule pensée. Le pourquoi et le comment de toute existence, les recoins les plus reculés de la planète : Tout est déja exploré et expliqué. Pourquoi alors réaliser son existence puisqu’elle est déjà envisageable, prévisible et même pratiquement écrite. Notre époque manque cruellement d’inconnue. Dans les arts, la musique et les sciences, les grands chemins ont déjà tous été tracés : Leur évolution se nourrit plus à présent de répétitions et d’acharnements que de réelles nouveautés.

En pratique, quand j’ai une idée (de dessin, de soft, …) Il suffit que je la googlelise un chouilla pour tomber sur le site d’un artiste ou d’un geek, qui l’a déjà réalisé avant moi. C’est assez décourageant. Par la suite, si j’ai une idée, même originale, je me dis que quelqu’un d’autre aurait pu l’avoir à ma place. Et que si je ne le fait pas, elle germera dans un autre esprit, puisque que la consience globale y est prète, elle le désire déjà. Alors à quoi bon …

Bon je sais ce que vous allez me dire : T’en as parlé à ton psy ? Oui, j’en ai parlé à mon psy. Il hoché la tête et a laché un “Hum-hum”. je crois que c’est bon signe.

La grande désillusion

Publié par Waking-Life le 24.08.2005

J’ai longtemps cru au système “effort - récompense” inculqué par mon éducation judéo-chrétienne. C’est un relent de foi très répandu, même parmis les plus athés et les plus rationnels d’entre nous. Cet adage dit à peu près : “Si tu fais de ton mieux pour arriver à quelque chose, si tu y mets de la bonne volonté, ça arrivera” ou encore “Aide toi, le ciel t’aidera”.

Comme si une entité supérieure, la providence ou la vie elle même, était garante des récompenses à redistribuer à chacun.
Comme si un ange gardien comptabilisait en secret nos efforts et notre engagement.

Pour moi, ça relève plutôt de la pensée magique pratiquée par les enfants ou certains adultes toqués (atteints de TOCs) : “Si je traverse le parc en un nombre pair de pas, j’aurais une voiture rouge à noël”. La vérité, c’est que l’univers tourne en roue libre, qu’il n’y a pas de filet et que rien ne s’écrit à l’avance. Quand on prend conscience de cette vérité, tout retour en arrière est impossible : Il faut vivre avec un vertige chronique. Je donnerais n’importe quoi pour retrouver mon innocence d’enfant et une confiance aveugle en la vie.

Quand j’étais gosse, je projetais mon avenir comme un dû, un acquis : Il suffit de bien travailler à l’école, d’être sage et prévenant et la vie coulera de source comme pour tous ceux qui sont du bon coté de la vie. Les galères sont réservées à ceux qui choisissent les mauvais chemins : drogue, paresse, vie dissolue. Tout au plus, quelques épreuves viendront parsemer mon chemin, histoire de me renforcer, de tester mon engagement dans la vie. Puis, avec un peu de patience, cette sérénité et cette sagesse que dégagent des grandes personnes viendront à moi, comme les fruits viennent à l’arbre qui sait attendre.

Mais la sérénité des adultes est feinte. Ils se sont sacrifié pour protéger leurs enfants, en érigeant un rempart d’illusions rassurantes entre le monde et eux. Ils nous donnaient l’impression que les adultes savaient ce qu’ils faisaient, que le monde disposait en son sein d’autant de solutions que de problèmes, qu’il en émanait une cohérence intrinsèque.

Mais avec l’âge viennent le tourment et les angoisses. Angoisse du temps qui passe, choix d’une vie professionnelle, sentimentale. L’anxiété et la dépression me frappent. Rien ne se fait tout seul, rien n’est dû.

Paradoxalement, le plus angoissant est de se découvrir totalement libre de tous ses choix, unique garant de sa propre vie. La vie ne se construit pas toute seule. Il faut lui fournir de l’énergie, dépasser ses craintes, s’engager. Si on cesse de maintenir cette tension minimum (ou “élan vital” comme disent les psys) , tout se casse la gueule. Certaines âmes fortes portent leur famille sur leurs épaules, ou une entreprise, ou toute une nation. Pour moi, la seule reponsabilité de ma propre existence me semble déjà monstrueuse.

Il y a des jours comme ça, ou je réalise l’énergie à fournir pour me maintenir en vie jusqu’à : ma mort, l’an prochain ou la semaine prochaine, c’est selon. Et je trouve ça effroyable, et je me dis qu’on ne devrait pas avoir à vivre tous les jours, que je voudrais donner ma vie à une autre personne pour qu’elle la vive à ma place le temps de la réparer, pour me la rendre ensuite.