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Jésus t’aime

Publié par Waking-Life le 17.09.2007

Je rongeais tranquillement mon frein dans une file d’attente des Assedics quand il débarqua; Comme ça, sorti de nulle part, juste en face de moi. Son apparition s’accompagna d’un flash de lumière intense.
Je sursautai.
La femme qui attendait derrière moi cria. Les gens se retournèrent vers lui, en silence. Ils le scrutaient, estomaqués.

C’était un jeune homme dans la trentaine, flanqué d’une tunique en lin blanche, cheveux longs et mal rasé. On l’aurait dit tout droit sorti des années 70.

Je rompis le silence en premier :
- Merde alors ! Vous êtes qui ? Vous sortez d’une dimension parallèle ? Vous venez du passé ?
- Tu sais qui je suis. Tu l’as toujours su.
- Nom de dieu, c’est pas vrai !
- C’est ça, tu y es.
- Vous êtes le Messie c’est ça ? Le fils de Dieu ? Alors Dieu existe vraiment ?
- Bien sur qu’il existe, comme toi et moi, et il t’aime infiniment.

Il souriait d’un air béat, presque niais.
Je me pris naturellement au jeu du tutoiement :
- Bordel de merde, c’est fou. Tu sais depuis combien de temps l’humanité t’attend ?
- Oui mon fils, je sais, 2000 ans et des poussières …
- Et moi, si tu savais comme je t’ai attendu !
- Sois en paix maintenant, la rédemption est proche.
- Putain, tu vas en chier, t’imagine pas à quel point.
- Quoi ?

Je sorti mon Opinel d’un geste rapide et précis et le flanquait juste sous sa gorge. Le barbu n’en revenait pas, il était tétanisé.
La foule eu un mouvement de recul, suivi d’un temps d’hésitation, comme un flottement.

Une femme s’avança pour s’interposer, mais son mec la retint par le bras.
Puis un type plus courageux que les autres sortit du rang, spontanément : “Je te le tiens si tu veux” me lança t’il.
Il était immense : Deux têtes de plus que moi. Il devait peser 120 kilos, prêt du double de ce gringalet de sauveur.

Jésus était blême, il bafouillait :
- Vous avez souffert, je le sais. Mais je vous apporte le salut. Ne salissez pas vos âmes.
- Ne me parle pas de souffrance l’ami : T’as plus 2000 ans de rattrapage à te farcir sur le sujet. C’est un véritable séminaire qu’il te faut pour te mettre au goût du jour. Ton cinéma sur la croix n’était qu’une mise en bouche.
- Écoute ton cœur mon fils, il réclame le pardon.

- Tu me saoules avec tes phrases de cul béni, Ducon !
Je lui décochai un violent coup de pied dans le tibia. Il s’affala sur le carrelage avec un bruit sourd.

Je repris :
- Laisse nous parler. On a plein de choses à vous dire, à toi ton père et à sa poule, le Saint Esprit.
On en était où déjà ? Ah oui ! La souffrance. C’est ce que ton père a fait de mieux ici. Personne n’y comprend rien d’ailleurs. Elle est même considérée comme la preuve la plus évidente de son inexistence. Tout est souffrance ici bas, sous toutes les formes possibles : La folie, la maladie, la vieillesse, la frustration, la laideur, la dépression, l’amour, la haine, la condition humaine, le deuil, la mort, la trouille …
Tu sais ce qu’une mère qui perd son gosse pense de toi ? Tu sais combien de penseurs sont devenus fous à fouiner dans leur mal être ? Combien se sont perdu en cherchant un sens à l’existence ? Tu sais combien d’âmes sèches se trainent comme des coquilles vides dans leur vie absurde ? Combien supportent l’insupportable en l’espoir de jours meilleurs ? Combien maudissent leur créateur de cette souffrance qu’ils supportent ?

- Mais j’ai racheté toutes vos souffrances, je les offre à Dieu. Vos péchés aussi seront lavés.

Je lui encastrai mon genou dans la bouche. Une dent vola et son nez commença à pisser le sang :
- Ta gueule j’ai dit. C’est moi qui cause. Nos péchés tu dis ? Mais on se torche le cul avec ta rédemption. Ça fait belle lurette qu’on a rejeté le concept même de péché. Aucun homme n’est responsable de ses actes. Il ne fait que tenter de survivre dans cette réalité hostile que vous avez mis en place. Les seuls responsables, c’est vous. J’irais même plus loin; A voir toute les souffrances que l’humanité a encaissé pendant ton absence, c’est un véritable miracle que la situation ne soit pas davantage chaotique. La vérité, c’est que l’humanité est une véritable armée de saints. Je béatifie sur le champ l’ensemble de l’humanité et je te destitue, toi et ta minable triplette de Dieux de pacotille. Il n’y a qu’un péché et il est divin : C’est la création.
- Non, tu ne peux pas, tu n’as pas le droit.

Je lui administrai un coup de pied supplémentaire entre ses cuisses. Il se plia en deux instantanément, le souffle coupé. Le sauveur avait bien des testicules : Je venais de les lui broyer. Il faudrait maintenant qu’il fasse appel à l’Archange Gabriel pour assurer sa descendance.
- Je peux tout, vous n’existez plus pour personne ici-bas. On a largement eu le temps de faire ton deuil. Quant à Dieu, ton père, on a appris à vivre sans. Tu sais, on t’as déjà liquidé une fois, on peut recommencer.

Le Christ cédait maintenant à la panique. Il tenta une roulade sur le côté pour se dérober de mes coups, mais mon ami le malabar le rattrapa par le col. Il m’interpela “On peut le finir dit ?” : Il me désignait du menton le reste de l’assemblée.
En effet on pouvait lire dans la plupart des regards une impatience consumée : L’envie d’en découdre avec le Sauveur. Depuis le temps qu’ils cherchaient un responsable à leur malheur.

Je lui répondis “Bien sûr. Il n’est pas à moi. Mais ménagez le. Histoire, qu’il y en ait pour tout le monde.”

Ainsi, je laissais ma victime entre les griffes d’un petit échantillon de l’humanité et quittais l’agence, décidé à terminer mes courses. Du coin de l’œil je vis la mêlée se refermer sur le messie, comme le 15 de France sur le ballon pas rond.

Cette vision me donna du baume au cœur : La journée s’annonçait plutôt bien.