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Waking Life - Forum / _mon piou
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#1 2007-09-13 15:48:32

Mathieu
Member
Lieu: Lille
Date d'inscription: 2007-09-13
Messages: 141

_mon piou

_


J'étais déjà passé plusieurs fois sur ton blog "walking life" sans laisser de message (je m'adresse à Raphael) et c'est vrai qu'un forum facilite les textes à rallonge... J'en profite d'ailleurs pour te dire qu'il ressort beaucoup de personnalité de tes textes bien que peut-être tu ne la sens pas bien justement cette personnalité...

Alors puisque j'ai choisi la section témoignage/présentation, je vais commencer ; histoire aussi que vous soyez convaincu que je suis atteint du même syndrome que vous...
C'est important d'être sûr que l'on parle bien de la même chose. Sur les forums doctissimo et consorts (sur lesquels on essayé de se rassurer, de glâner des infos, dans le but de se sentir moins seul face à ce problème aussi), toutes les pathologies se mélangent et on ne sait plus très bien de quoi on cause...

Donc en ce qui me concerne, j'ai 25 ans et j'en souffre depuis le 29 janvier 1999 -plus de huit ans donc- jour (soir plutot) où tout a basculé. C'était la première fois que je fumais seul chez moi et c'est peut être la peur de me faire surprendre par mon père qui a fait que je n'étais pas dans un climat de détente ce soir là. Cela faisait un an et demi que je fumais régulièrement toujours entre potes, 3-4 fois par semaine, sans jamais avoir eu d'antécédents de "bad trip". Depuis ce jour, je n'ai jamais sorti la tête de l'eau. J'entends par là que je n'ai jamais retrouvé mon état d'avant "piou".
Alors "piou" est le nom que j'ai/que nous -avec mon meilleur pote qui subit les mêmes symptômes que moi depuis à peu près la même periode - avons donné à la déperso/déréalisaton. Lui ne veut pas en parler, ou alors c'est très rare mais je suis convaincu qu'il vit la même chose que moi, d'où au départ ma suspicion sur la qualité de l'herbe en elle même et la crainte d'avoir été intoxiqué...
Le piou ne m'a pas lâché depuis. Je me souviens qu'au début, je me disais que je ne pouvais pas rester comme ça, qu'il n'était pas possible que je reste dans cet état toute ma vie, que ça n'avait pas de sens de ne plus rien sentir, de ne plus me reconnaitre, d'être comme une âme qui sait qu'elle existe, mais qui ne sait plus qui elle est. De vivre en transparent...

J'ai toujours les cahiers où j'essayais -et essaie toujours- de décrire le plus fidèlement possible ce que je ressens.

morceaux choisis :
"je ressens un changement/bouleversement énorme en moi mais les autres ne remarquent rien"
"peur qu'il se passe quelque chose en moi que je ne comprenne pas, que je devienne fou, que je perde pied."
"sensation de rêve éveillé, le plaisir en moins"
"je me perds dans mes réflexions abstraites où je remets tout en question : les rapports humains, la logique, plus rien n'a de sens"
"l'impression d'être vide, de ne plus habiter mon corps, je ne sens plus mes membres, je ne me reconnais pas, je ne me sens pas UNE personne, je n'ai plus de sensatons humaines"
"vie gâchée, toutes mes joies sont entâchées par la déperso, je ne peux pas jubiler complétement, il y a toujours ça..."
"un handicap invisible. Si je devais comparer le sentiment de dépersonnalisation à un handicap physique, je dirais que c'est comme si une personne     se faisait plâtrer le bras droit (pour un droitier) pendant cinq ans. Son bras droit va lui paraître lourd et cette personne va devoir apprendre à écrire de la main gauche jusqu'à ce que ce soit devenu normal pour elle d'écrire de la main gauche. Peut etre même qu'au bout d'une certaine période elle acceptera l'idée du bras plâtré, "je fais avec" pour que cela devienne sa nouvelle normalité, tout en se disant quand même : "c'que j'étais bien avant ! comme tout le monde" . Quand on lui enlevera son plâtre (si on devait nous enlever la déperso), elle devra réapprendre à vivre avec son bras dont elle peut se servir à nouveau, réapprentissage mais quel soulagement !

voilà pour la comparaison.

J'écris toujours de temps en temps ce que je ressens, et je vous conseille aussi de le faire.

Je me suis donc fait à ces sensations, je m'y suis habitué, je les ai acceptées aussi sans être résigné. 
Je me suis forcé à les accépter parce que je me suis rendu compte après plusieurs années que ça ne servait à rien de lutter et que la meilleure solution était de faire comme si de rien était, de faire avec... Je me souviens qu'au début sur les forums que je mentionnais plus haut, quand je lisais ce genre de conseil, j'étais effrayé, me sentnant comme pris au piège... on est en quelque sorte emprisonné.
Accepter finalement ces sensations m'a permis de diminuer ma masturbation cérébrale plus l'épuisement que ça engendre, et aussi (mais j'ai du mal à l'expliquer) permis de perdre l'habitude de me triturer le ciboulot dans des raisonnements et dans des réflexions abstraites. Du coup, les "chemins de pensée" que j'empruntais avant se sont éffacés de mon esprit du fait de plus m'y aventurer. Après ça j'avais nettement moins l'impression de "partir" dans ma tête.

Voilà pour le côté déperso pur.

ça concerne maintenant peut-être plus ma personnalité propre et, je ne sais si ça découle du piou mais je dois dire que j'ai parfois l'impression d'être plus ancré dans la réalité que les autres...
Je m'explique.
Je suis très attentif à l'actualité, à la politique, à la société en général. Le piou ne m'a pas coupé l'envie d'apprendre, elle est même décuplée par rapport à celle du temps du lycée, est-ce la deperso qui m'a ouvert l'esprit ?
Désormais quand je me triture le cerveau, c'est pour tenter de comprendre comment fonctionne le monde mais sans réel succès je l'avoue... Mais je ne m'arrêterai jamais de réfléchir même si c'est épuisant...
Je me sens d'ailleurs toujours fatigué, un peu mou même, une fatigue permanente...

Personnellement, je n'ai pas perdu mon côté émotionel dans ce big bang, ou alors il fonctionne différemment.
Depuis quelques temps, j'ai l'impression qu'il fonctionne à vif, je me sens presque hyper-sensible avec une bonne dose de tristesse et de mélancolie. Je me sens beaucoup plus cerveau droit
que cerveau gauche, je marche à l'affect. Je deviens très sensible à une qualité humaine fondamentale et évidente, c'est l'humanité.
Pour moi ça représente la gentillesse, la bonté, la tolérance, la justesse, la sincérité aussi, et pour moi c'est très très important.
Je ne suis pas d'un naturel optimiste, c'est le moins que l'on puisse dire et je n'ai pas beaucoup d'espoir pour l'avenir de l'Humanité en général mais je me dis que tendre vers cette qualité peut sûrement m'aider à y voir plus clair dans tout ce bourbier et trouver la vérité.

Je retrouve ces émotions quand je me rends au carnaval (je suis originaire du nord)  : il y a une telle fraternité, des rapports humains tellement simples et sincères que c'en est émouvant et ça aussi, ça fait du bien... Revenir à des choses simples, oui.

L'alcool aussi me fait "du bien".

Tu parlais de créer je pense.
Je suis d'accord, j'avais pensé au collage, à inventer un scénario de film, à jouer d'un instrument de musique, tout ça est bon pour nous...
Je sens un potentiel (au sens masse à exploiter, pas au sens prétentieux) que je n'arrive pas pour l'instant pas à concrétiser et exterioriser.

Et donc je me suis reconnu, Raphael, quand tu parlais de musique, elle est indispensable pour moi aussi.
Comme toi j'ai besoin de morceaux rapides/survoltés qui traduisent un peu la fougue de mon intérieur mais aussi de morceaux déprimants/mélancoliques pour me pousser dans mes retranchements. J'ai dans ma voiture un cd mp3 (qui comprend 2 dossiers) qui s'appelle "fast/low rock".
La musique qui m'arrache les tripes me donne l'impression d'exister.

Quand je vais voir des concerts, je me défoule, je ne me reconnais pas quand je suis dans les pogos alors que je suis calmegauche  d'habitude !
Je me sens bien dans ces moments là où j'ai l'impression de dépasser les limites de mon corps tellement je monte en adrélanine, presque un état second.
Et bien que calme, j'ai parfois envie de tout péter, de tout détruire. J'aimerais bien me lâcher dans ces émotions !


Parfois l'envie de pleurer, de baisser les bras et parfois (beaucoup plus rarement) l'espérance...
L'espérance me donne l'envie de vivre quelque chose d'immense au niveau émotionel, d'ennivrant, quelque chose de grand, avec une fille par exemple (j'en demande beaucoup), que ce soit fusionnel,

qui me ferait tout oublier...


J'aimerais vivre ça.


_

Dernière modification par Mathieu (2009-06-03 01:09:18)

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#3 2007-11-05 21:17:49

Mathieu
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Messages: 141

Re: _mon piou

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Je me rends compte que dans ce que j'avais rédigé plus haut, je ne parlais pas beaucoup de mes sensations de déréalisation/dépersonnalisation mais plus des questions que je me pose comme quelqu'un qui se cherche mais évidemment le cas de tout le monde, même des gens qui ne souffrent pas de ce phénomène. C'est peut être encore plus déstabilisant pour nous.

Alors pour développer un peu sur ces sensations et pour être toujours bien sûr que l'on parle de la même chose :
pour décrire la déréalisation, c'est la sensation permanente de vivre la réalité avec des sensations qui se rapprochent des sensations que l'on a quand on rêve.
C'est cette impression de vivre dans la quatrième dimension. Comme si une barrière, un voile m'empêchait de voir correctement. Ou de voir la vie comme lorsqu'on trempe un bâton dans l'eau, il semblé cassé mais on sait que c'est une illusion. En réalité, il est toujours bien droit.
Ou l'impression de ne plus avoir les yeux en face des trous, mieux (j'y connais rien en bagnoles) que le bas de caisse à bougé... Cette sensation d'irréalité qui se rapproche plus des effets d'une drogue, comme si depuis ce joint meurtrier mes synapses ne s'étaient jamais recollées.Impression de déconnection qui m'empêche de sentir les choses, l'environnement, c'est toujours la même ambiance/atmosphère désagréable. Et jamais de répis. Et qui m'empêche de prendre autant de plaisir à voir certaines choses/paysages qu je devrais en prendre.
Mais je dirais que pour moi c'est infiniment moins douloureux que le sentiment de dépersonnalisation. Je ne sens pas dans mon état normal, je ne me sens pas à 100% de mes capacités "vivre en symbiose avec mon environnement". C'est d'ailleurs incroyable de ne plus se sentir soi-même depuis toutes ces années....
le calvaire que je vis tient de cette perte de sentiment d'identité. Au sens propre, je ne me sens plus moi, j'ai l'impression de n'être personne, pas un être humain en tous cas ou alors pas avec les bonnes sensations, je ne sens pas mon coprs, j'ai l'impression d'être juste une âme, un zombie et encore... Rien ou personne.
Quel gâchis. La peur, c'est de vivre toute ma vie dans cet état. si mes sensations d'antant venaient à réapparaitre, ce serait une seconde vie, une RENAISSANCE, et je sabrerais le champagne ! Ce serait merveilleux. Je ne me rendais pas compte à quel point je me sentais bien avant tellement c'est beaucoup moins bien maintenant. C'était il y a 8 ans.
Malheureusement je ne vois pas comment la situation pourrait se débloquer dans un avenir proche. c'est trop ancré, profond, ça englobe tout.
Mais d'où ça sort cette saloperie ?
C'est du vol !
Rendez moi tout !
Quel plaisir à vivre dans cet état et surtout quel sens ça a ?? Puisque je ne ressens plus rien, je ne me ressens pas moi même, mon corps, mes membres, je ne suis même plus capable d'étre content ou enthousiaste... Je ne me reconnais pas dans ma glace même si mon image m'est familière.

Quel effet ça fait de mourir dans cet état là ?

Heureusement que l'instinct de survie n'ait pas disparu.

Et si rien n'avait disparu. Si tout était encore là mais super bien caché ? Je (on) vis quelque chose de pas banal, même les psy sont dépassés, clairement, ils ne comprennent pas. On leur parle de dépersonnalisation ce qui dans la psychologie/psychiatrie les renvoie à des pathologies graves avec des délires, des doubles personnalités, rien avoir avec ce que je subis moi, rien. La folie lucide.Jje ne présente aucun trouble ou pathologie, je suis inséré dans la société, tous les soirs je retrouve mon chemin pour rentrer chez moi, je ne tiens pas de propos incohérents (sauf sous l'influence l'alccol mais faut pas éxagérer). Les psys ne peuvent pas se rendre compte de toute façon même s'ils percoivent bien notre souffrance exprimée... il faut surtout qu'ils comprennent que ces sensations sont bien réelles -elles- , que ce n'est pas une hallucination...

La confusion qui règne en permanence dans mon esprit m'épuise. Chaque raisonenment dans mon esprit se traduit par : partir du point A pour aller vers le point B avec 14 millions de chemins/possibilités/scénarios/éventualités/paramètres differents. Comme si avant le piou je fonctionnais à peu près en langage informatique 0 ou 1, même si j'avais déjà tendance à chercher plus loin, surtout sur les questions métaphysiques. Aujourd'hui ma vie EST métaphysique. Ce n'est donc plus 0 ou 1 mais désormais  x² - (1/x) X 3,14 + y(sin x) pour tout et n'importe quoi.

Tout analyser, tout décortiquer, comprendre.
Essayer de trouver le meilleur raisonnement, la meilleure idée, l'améliorer. Finalement s'y perdre, la confusion la plus totale.


Trouver la vérité, le sens. Et de manière générale, le bon chemin, la voie à suivre.
C'est épuisant.
Quel est le bon chemin puisque tout le monde se contredit ? Accepter qu'il n'y ait pas de vérité, ou trouver la sienne.
La peur de faire fausse route, de se planter.

La fonction Random sur une platine hi-fi est la touche qui permet de choisir un morceau au hasard. J'ai parfois l'impression que mon cerveau fonctionne en mode Random. Surtout les lendemains de cuite où c'est encore plus difficile que d'habitude. L'impression désagréable d'étrangeté est encore plus forte, avec la sensation de perdre pied.

Je me rends compte que malgré le sentiment d'injustice et d'impuissance, je n'ai jamais été à bout au point de frapper contre les murs ou de pleurer à cause de la déperso par épuisement mental.


Pour traduire mes émotions j'accepte mal l'approximation, je veux etre le plus juste, le plus précis possible, mais J'ai du mal à réaliser, à être content, comme un détachement émotionnel permanent. Je suis rarement enthousiaste, tout est fade.


J'ai de plus plus de mal à accepter le monde dans lequel je vis. Ma personnalité n'est pas adapté à cette société agressive, deshumanisée, désensibilsée.


.
Mathieu




PS : il serait peut etre pas mal que l'on ait sur ce forum la photo des personnes qui y participent, internet est déjà assez impersonnel... une requête à l'administrateur du site...

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#4 2007-11-06 18:39:23

Christelle
New member
Date d'inscription: 2007-09-06
Messages: 2

Re: _mon piou

Bonjour Mathieu,
J'ai lu tes messages et je voulais que tu saches que tu N'ES PAS SEUL! Nous sommes plusieurs à connaître ou avoir connu ce que tu vis actuellement et nous savons à quel point cela est pénible de vivre dans ces rêves éveillés, dans toutes ces réflexions.
D'ailleurs, même si ces états ont disparus de ma vie...(j'espère à tout jamais), je garde au plus profond de moi la crainte qu'ils ne reviennent me hanter et me prendre à nouveau...
Je ne sais si tu as eu l'occasion de lire mon message mais je pense réellement ce que j'ai écrit. Selon moi, le phénomène de déréalisation/dépersonnalisation est une fuite que le mental met en place pour nous protéger... On prend du recul par rapport à la réalité... Je sais que l'on peut s'en sortir, sincérement!!

Amicalement,
                                               Christelle.

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#5 2007-11-06 20:22:59

sébastien
Member
Lieu: Toulouse / Albi
Date d'inscription: 2007-10-28
Messages: 20

Re: _mon piou

Bonjour Mathieu,

J'ai moi aussi lu ton message et je pense aussi avoir vécu les mêmes choses. Comme Christelle je commence à en sortir et comme elle je prend des anti-dépresseurs (du même type)

Sincèrement je ne sais pas si ça peut marcher pour toi mais je te conseille au moins d'essayer vraiment, personnellement ça a pris plus de trois mois
pour faire effet, et même si ça ne m'a pas encore permis de ressentir à nouveau, tout du moins ça lève un voile.

Je suis toujours certain de ne pas être dépressif, et ce n'est pas de l'entêtement, mais mes symptômes ne correspondaient pas du tout, et je comprend ce que tu veux dire quand tu parles de l'incompréhension des psys, et c'est vrai que certains restent sceptiques face à nos descriptions et pensent plus à des somatisations quelconque plutôt que de croire réellement ce que l'on décrit.

Je pense que comme un peu tous les maladies ayant trait au psychisme, il y a un caractère psychologique, le mécanisme de défense comme disait Christelle, et un caractère biologique, une sorte de fragilité (que l'on retrouve d'ailleurs dans d'autres maladies comme la schizophrénie), qui peut être révélé par des facteurs comme le canabis, qui dans mon cas a joué un rôle, comme pour toi apparement.

Voilà, donc je pense que les anti dépresseurs peuvent t'aider, puisqu'à part le nom ça reste un médicament qui agit selon mode d'action, qui sont apparement assez lié aux symptômes que l'on décrit tous ici.

Alors je te souhaite de pouvoir entrevoir le jour d'ici, mais en tout cas respect parce que je sais que je n'aurais pas pu tenir aussi longtemps.

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#6 2007-11-13 14:28:10

Raphael
Administrator
Lieu: Antibes
Date d'inscription: 2007-05-31
Messages: 142

Re: _mon piou

@Mathieu : Pour la photo, tu as la possibilité d'uploader un avatar dans ton profil si tu veux.
Je viens de le faire pour moi.

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#7 2007-12-04 18:44:07

Mathieu
Member
Lieu: Lille
Date d'inscription: 2007-09-13
Messages: 141

Re: _mon piou

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Je viens de relire la rubrique Reflexions du site.

Je me dis qu'il y a sans doute un lien entre toutes les personnes qui souffrent du syndrome de dépersonnalisation/déréalisation.
Je pense qu'il y a un côté psychologique et autre lié à notre personnalité.

Pour ce qui est de la personnalité (sans parler de déperso), peut-être que finalement on ne voit pas le monde comme les autres.

Pour ma part j'ai une vision assez pessimiste du monde et cela depuis plusieurs années, je préfère même dire "vision réaliste".
Je me dis que je ne raisonne/fonctionne pas comme la majorité des gens (tjs hors déperso) on me fait parfois remarquer mes réflexions originales, décalées, farfelues, second degré... Ce sont les gens normaux qui les jugent comme ça. Je n'aimerais pas être comme eux, je préfère ma personnalité, j'ai l'impression d'avoir une vision du monde plus exacte qu'eux, de le voir plus en profondeur.

Je ne peux plus entendre à la radio, à la télé, dans les journaux "Mais les gens sont intelligents, ils ne sont pas dupes..."  Je regrette !
Si les gens étaient aussi intelligents (au sens "capables de comprendre" qui est son vrai sens) vous pensez vraiment qu'on en serait là ? Que le résultat des élections donnerait le même résultat ? Qu'il passerait toujours la même merde à la télé ? Comme dit Coluche : "quand on pense qu'il faudrait juste que les gens arrêtent de regarder pour que ça ne passe plus..." Ne parlons même pas des sondages...

A ce propos, je suis ballotage à 70% de desespoir et le reste.
Je cherche en vain des synonymes au mot désabusé pour qualifier mon pessimisme, mes illusions perdues.

Je regarde depuis des années cet excellent programme qu'est le zapping 

http://www.canalplus.fr/index.php?pid=1830

mais au bout des 5 minutes du montage, je suis à chaque fois tenté par l'envie de baisser les bras. Comme ne portant plus d'espoir en l'humanité, autant dans les images de guerres que de télé-réalité.

Et si finalement je refusais le monde, la société ?

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#8 2007-12-18 09:40:27

lolo
Invité

Re: _mon piou

possible.

c'est mon cas...

 

#9 2007-12-19 01:27:31

Lili
New member
Lieu: PaRiS
Date d'inscription: 2007-12-12
Messages: 2

Re: _mon piou

un texte écrit il y a quelques jours: je ne pense pas non plus le monde comme tout le monde, j'ai perçu l'absurdité de notre existence, et j'avoue que j'aimerais tout oublier, ressentir de nouveau compassion, joie, envie, désir...
je suis une âme vide, qui aimerait croire.

"Elle était assise là, le regard vacillant selon le rythme des voitures qui défilaient devant elles. Elle se demandait pourquoi elle était venue là, et pourquoi elle y restait, seule, dans le froid, au milieu de ces pensées  sans structure, déferlant dans son esprit épuisé, et terrassant les quelques bribes d'espoir qui lui restaient.
Mais savaient-ils tous ces êtres animés ? non surement pas.
Ceux qui se trouvent envahis par l'absurde ne peuvent pas s'affairer de la sorte, le simple fait de se presser les dépasse, pourquoi fuir le temps, plus il passe, et moins le calvaire est long.
Mais ils ne voient pas les choses sous cet angle, ils ne comprennent pas la manipulation dont ils sont victimes. Celle d'une espèce qui veut simplement survivre, et qui met tout en oeuvre pour persuader ses individus de rester en vie et de la transmettre.
Les plus aveugles travaillent pour faire avancer la société, nourir leur famille et épanouir leur personne. Ceux la sont comme des enfants devant une cheminée décorée de chaussette rouge clignotantes. Et pourtant, ceux la sont heureux, car ils s'endorment devant la cheminée, pour se réveiller dans leur lit, un tapis de présents aux pieds d'un arbre lumineux, le poids de l'incertitude et de la réalité en moins.
D'autres travaillent pour se nourrir, et faire semblant d'adhérer à cette pensée commune qui veut que la société soit une raison de vivre. Ceux là ont quelques doutes quant à la possibilité qu'un vieillard préfère emprunter la cheminée plutôt que la porte, mais au fond, ce qui les importe, c'est le résultat; ou tout du moins s'en sont-ils persuadés.
Enfin reste ceux qui ne croient plus en ces sornettes, qui ont vu ce vieillard sous son vrai visage, un mythe, la société leur paraît lointaine, et tous ses stratagèmes de vulgaires pièges...au fond desquels ils aimeraient bien se noyés.
Elle aimerait pour une fois avoir tord, que quelqu'un s'asseye, lui démontre qu'elle se trompe, que tout ceci a un sens.
Mais personne ne vient. Et lorsqu'elle traverse la rue elle attend, elle attend l'Absurde."

Avant si tout n'était pas simple, la vie avait un sens, je poursuivais un but qui me permettait de ne pas me laisser abattre sans combattre.
Peut-être ai-je perdu ce caractère révolté, qui permet à l'Homme de survivre face à l'Absurdité de son existence...

Dernière modification par Lili (2007-12-19 23:38:01)

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#10 2007-12-24 00:31:56

viergefolle-viergesage!
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Messages: 4

Re: _mon piou

à vous tous, je souhaitai vous envoyer ce lien:
http://www.ecoledutarot.com/index.php
il s'agit de textes de jodorowski, parlant à la fois de la vie, son sens, les souffrances et le niveau de conscience à atteindre pour se sentir libre, désangoissé. peut-être cela pourrait vous aider, vous réconforter, en tout cas c'est l'effet produit sur moi. (Il s'agit d'un site qui parle du tarot, une pratique que j'essaie d'améliorer et qui me passionne.
j'aime ces textes car ils sont simples, beaux et résonnent comme une réponse à l'Absurdité qui nous fait si peur. Ce n'est pas nous peut être qui souffrons mais la société en général. En thérapie, j'apprends à réfléchir sur le fait qu'il faut se sentir une partie du Tout, de cet univers pour enrayer ces angoisses terribles provoquées par le sentiment de dp-dr, de non sens à notre existence.
Bien sûr cela peut vous paraître fou, délire new age ou autre, mais même si cette méthode prend beaucoup de temps, je pense que la finalité est cohérente en tant que réponse à nos angoisses: les choses sont, le monde est comme il est, et nous sommes ce monde.
Il vous faut rencontrer une personne, un interlocuteur en qui vous devez arriver à vous sentir en confiance, un peu comme quand on est enfant. Peut être alors arriverez vous à sentir à nouveau, qu'une connection avec vous même tellement inespérée se fasse petit à petit.
Pour ma part j'ai eu la chance de rencontrer cette personne après ma deuxième crise apocaliptyque de dépersonnalisation fin 2006, crise qui était beaucoup plus violente que la première fin 2000. Cette personne est thérapeute sur paris et s'affranchit complètement des psys: affection, empathie et énorme sensibilité. Il a également beaucoup d'intuition et sait vous guider. Mais je ne vous cache pas que c'est toujours très dur, car quand on se sort du gros de la dp-dr, et bien forcément on a peur par avance d'une rechute et donc notre être doit se barricader, se protéger. Lui me dit qu'il faut être patient, en fait quand il me dit qu'il ne s'inquiète pas du tout pour moi, c'est une façon de dire que je dois me faire confiance. Toutes les personnes inscrites ici doivent faire cela, car à vous lire on sent les personnes plus intelligentes que la moyenne, critique et hypersensible. La dp-dr est sûrement un moyen de défense choisi suite à un traumatisme émotionnel, comme la prise de cannabis. Il faut donc trouver en vous ou par la thérapie quel est ce choc émo, puis le revivre à nouveau pour l'intégrer et reprendre une vie intérieure normale. Par exemple ce thérapeute utilise l'EMDR et l'hyperventilation respiratoire, ce qui provoque un état de conscience modifiée.
En tout cas , les personnes ici intéressées par ce thérapeute peuvent m'envoyer un mail afin d'obtenir ses coordonnées:
laureenlangendorff@hotmail.fr

Merci de m'avoir lu et joyeux Noel à tout le monde, même si cette fête à un côté un peu anxiogène, vous ne trouvez pas?...

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#11 2009-04-24 19:34:41

Mathieu
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Re: _mon piou

salut à tous !

pas trop de nouvelles en ce moment ?
on a parfois l'impression d'avoir fait le tour de ce qu'on a à dire sur la dépersonnalisation sans pour autant noter d'améliration malheureusement ..


Pour moi, ces jours-ci, à force de me dire que je fonctionne à l'envers ou pas comme les autres, m'est revenue à l'idée cette théorie des cerveaux droits. j'avais posté sur le forum un lien qui en parlait.
je me suis laissé tenté, j'ai commandé à la fnac le bouquin de la psychothérapeute de la vidéo : "Petit guide à l'usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués"
j'espère (peut-être un peu trop) qu'il m'en apprendra sur moi même !
je vous en reparlerai.

Pour 'mon suivi' , je vois mon psychiatre tous les 2 mois. Je préférerais 1 fois par mois mais bon, c'est ce qu'il me propose ..
Je ne prends plus de médicaments depuis noel, j'ai tout arrêté, marre des effets secondaires et de toute façon, je me sentais moins déprimé.
Ce qui m'inquiète maintenant c'est que depuis 4 mois je n'ai toujours pas retrouvé ma libido d'avant traitement .. Ce n'est pas la première fois que je prends des anti-dépresseur mais là avec le Cymbalta en l'occurence, que j'ai pris à partir d'avril 2008 jusque fin décembre donc, toujours rien ou presque ..
le psychiatre me dit que ça aurait dû revenir mais sans trop se casser la tête sur le sujet.
bref, je demanderai à mon généraliste la prochaine fois ..

Comme les médicaments ne font pas effet, il me conseille une psychothérapie, un suivi avec psychologue donc.
Il me dit qu'il connait bien le phénomène de dépersonnalisation mais que c'est la première fois qu'il rencontre un cas comme le mien,
à savoir la dépersonnalisation qui dure comme ça dans le temps.
Pour lui, ce n'est pas une maladie mais plutôt un symptôme qu'on retrouve avec d'autres maladies comme la schizophrénie ou autres bouffées délirantes ..
Il pense qu'il y a une fragilité chez moi et qu'en plus de mon passé, ça fait comme une brèche.
Alors pour suivre son raisonnement, c'est vers la psychothérapie ou même l'analyse qu'il faut se tourner,
trouver la faille ou la défaillance en somme.

Je me rends compte moi même d'être plus fragile, plus émotif, plus sensible que la moyenne.
les mots me manquent pour définir la dépersonnalisation (le sentiment de perte d'identité me parait la meilleure formule pour résumer) mais les mots me manquent aussi pour décrire ce que je ressens au niveau émotionel parfois. Cette envie de donner de la haute dimension aux choses, de voir en grand, de théâtraliser les choses aussi ..

ça ne m'était pas arrivé depuis des mois mais je viens de passer un sale après midi à déprimer la boule au ventre. C'est vraiment bête parce que ça démarre avec un truc anodin en général. Je suis sorti pour effectuer 'une tâche administrative' et d'un coup je me sentais mal à l'aise là bas,
nul, empoté, pas dans le coup. Alors, vite destabilisé, vite contrarié comme je suis, je me suis renfermé, laissant la place au doute et à la perte totale de repères et à la dépréciation de soi.
ça faisait longtemps.

le voilà le terrain fragile ..

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#12 2009-06-28 21:36:34

Mathieu
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Re: _mon piou

désolé, j'ai beaucoup tardé à mettre une réponse au sujet du bouquin : 'Petit guide à l'usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués',

c'est d'ailleurs une caractéristique des cerveaux-droits, de remettre au lendemain ce qu'il faudrait faire le jour même !

si vous avez été emballé, intéréssé par la vidéo http://videos.nouvelobs.com/video/iLyROoafYjtQ.html
alors vous aimerez aussi le livre,

je me suis beaucoup reconnu, même si tout au long de ma lecture je continuais à douter, mais j'ai trouvé plein de points communs avec moi.
En paraphrasant un peu, quelques exemples :

* le petit vélo qui ne s'arrête jamais dans la tête
* le côté réfléchi pour chaque chose, perfectionniste, dans l'ecrit (toujours améliorable) dans les paroles, être attaché à utiliser les mots de manière précise,
* les projets, pleins d'idées
* l'ouverture sur le monde, la politique
* la vision globale, pas intéréssé par les détails
* la dispersion pour une recherche par exemple en amène une autre, en amène une autre.. l'envie d'apprendre ..
* se sentir bête, fou, différent
* des exemples de la vie de tous les jours comme 'vous n'ouvrez pas votre courrier'..
* le gout pour les discussions profondes
* la sensibilité

et je pourrais continuer ..

l'un des rares points où je ne me reconnais pas c'est dans celui où l'auteur dit que les cerveaux droits percutent plus vite que les autres,
en ce qui me concerne, je ne trouve pas, ou alors je ne vois que les échecs ..

certains d'entre vous se reconnaissent aussi ?

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#13 2009-07-31 23:12:37

noname
Member
Date d'inscription: 2008-09-30
Messages: 139

Re: _mon piou

Hello mathieu .
Je me retrouve un peu la dedans , d' ailleurs il y a quelques moi je suis tombé au hasard sur un site qui parlais de cerveau droit/cerveau gauche , et étrangement je me suis beaucoup plus retrouvé dans le cerveau droit que gauche. C' est assez etonnant pour quelqu' un qui a une maladie qui semble anesthesier ce que justement traite le cerveau droit (vie sensible).

edit : Je viens de lire ton message plus en profondeur , surtout les trait de caractere , si effectivement c' est un cerveau droit qui est décrit la je peux quasiment affirmer que je suis plus cerveau droit, meme si les auto diagnostique peuvent souvent etre biaisé. En tout cas ce qui est sur c' est que je résoud les probleme beaucoup plus avec le ressenti et l' intuition qu' avec des concept , hem , "oraux" enfin je ne sais pas trop comment dire.

Dernière modification par noname (2009-07-31 23:17:21)


"The final delusion is the belief that one has lost all delusion."

  --  Maurice Chapelain

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#14 2012-09-09 16:03:16

Mathieu
Member
Lieu: Lille
Date d'inscription: 2007-09-13
Messages: 141

Re: _mon piou

hello!

je suis enfin de retour à Lille! (au cas où.. pour les membres du forums  nordistes!)


Alors, je me suis beaucoup reconnu dans cet article,

http://www.psychologies.com/Moi/Moi-et- … temps-bete


au delà des symptômes de la déperso et du débat sur la prise ou non de médocs, moi je sais très bien qu'en ce qui me concerne y'a réellement quelque chose qui ne va pas dans ma psychologie, et que tant que je  n'aurais pas résolu cela et être au moins dans la capacité d'être quelqu'un d'épanoui, la dépersonnalisation sera toujours là.

En ce qui concerne les médocs, oui j'ai besoin d'antidépresseurs parce que mon mal-être est trop fort et qu'il me prend dans la gorge dès le réveil.

et vous que pensez vous de cet article ?

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#15 2013-05-08 00:37:56

Eleha
New member
Date d'inscription: 2013-03-28
Messages: 4

Re: _mon piou

Mathieu,
Merci pour tes articles et tes liens, je me reconnais beaucoup dans la plupart de tes ecrits, et ça fait du bien...
Pour rebondir sur ton dernier article. Moi aussi j'ai souvent l'impression d'être à côté de la plaque, de ne rien comprendre, (surtout au boulot mais pas que... ) ce qui me fait souvent me sentir mal à l'aise en société. Je sais que j'ai un fonctionnement différent de la plupart des gens, disons qu'il est n'est pas des mieux adapté a notre société. Par contre il est clair que j'exprime mes émotions en créant, j'adore peindre, dessiner, cuisiner, imaginer des oeuvre que je pourrais créer, imaginer des histoires que je pourrais ecrire, dessiner. En ce moment j'imagine beaucoup, je projette ce que je pourrais faire, créer mais ma DP me bloque même sur ces terrains là... J'ai moi aussi ce petit velo qui tourne sans arrêt dans ma tête, des idées qui arrivent dans tous les sens, pas organisé, pas toujours très intéressantes ou utiles d'ailleurs, mais ce sont des raisonnements intérieurs qui m'accompagnent dans toutes les situations. Cerveau droit a fond!!! Je viens de visionner la vidéo sur le sujet, c'est exactement ça, et ça me donne vraiment envie de lire son livre et de continuer les recherches sur le sujet. Merci pour m'avoir fait decouvrir ça.

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